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<title>GROIZIDEMOCRATIE, pour une Démocratie Directe sur l&#39;île de Groix</title>
<description>Pour les gens qui croient en un autre systeme, juste pour tous... </description>
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	<title>Photos de Groix par Keru</title>
	<description><![CDATA[Vous retrouverez plus de photos sur http://photos2groix.canalblog.com/  <img src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/k/keru/Bateau_Phare_vert.JPG" alt="" border="0" height="811" width="1513">  <img src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/k/keru/Vague_%C3%A0_Locmaria.JPG" alt="" border="0"> <img src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/k/keru/Pen_Men.JPG" alt="" border="0" height="1895" width="1268"> <img src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/k/keru/Chats_sur_une_dune.JPG" alt="" border="0" height="732" width="1557"> <img src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/k/keru/Devant_le_port.JPG" alt="" border="0" height="280" width="1273"> <img src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/k/keru/Alain_sen_va.JPG" alt="" border="0" height="646" width="1589"> <img src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/k/keru/Chats_jaune.JPG" alt="" border="0" height="722" width="1467"> <img src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/k/keru/Mara%C3%AEcher_Bio.JPG" alt="" border="0"> <img src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/k/keru/Bateau_%C3%A0_Lorient.JPG" alt="" border="0"> <img src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/k/keru/Porh_Gigu%C3%A9ou.JPG" alt="" border="0"> <img src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/k/keru/Teuf_St_Nicola.JPG" alt="" border="0" height="748" width="1658"> <img src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/k/keru/Teuf_St_Nicola_2.JPG" alt="" border="0" height="654" width="1450"> <img src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/k/keru/Port_Lay_FIFIG.JPG" alt="" border="0" height="956" width="1463">
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	<link>http://keru.zeblog.com/308366-photos-de-groix-par-keru/</link>
	<author>Keru</author>
	<pubDate>Tue, 01 Apr 2008 13:48:00 +0200</pubDate> 
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	<title>LE TRAVAIL TUE</title>
	<description><![CDATA[&nbsp;
<img width="400" height="268" alt="" src="http://users.skynet.be/undergroove/activista/imageactiuse/paresse.jpg" />
&quot;Paresse et luxure ou          le sommeil&quot; G.Courbet.           
La          critique du travail peut sembler vaine, loufoque ou dangereuse, voir scandaleuse.          Et pourtant n&rsquo;est-ce pas le syst&egrave;me productiviste qui r&eacute;v&egrave;le          aujourd&rsquo;hui toute son absurdit&eacute;, quand au comble de l&rsquo;aberration          nous en venons &agrave; regretter le fait que le travail se fasse toujours          plus rare ? !
Car c&rsquo;&eacute;tait          bien l&agrave; le but du progr&egrave;s et de ses machines, celui pour          lequel tant de g&eacute;n&eacute;rations ont sacrifi&eacute; leurs beaux          jours, que de nous lib&eacute;rer enfin de la mal&eacute;diction du travail          !
Mais alors que la r&eacute;volution industrielle et sa s&oelig;ur informatique          triomphent voil&agrave; que les lendemains qui chantent s&rsquo;av&egrave;rent          &ecirc;tre ceux de l&rsquo;enfer du ch&ocirc;mage et de la &laquo; crise          &raquo;. Ici la pr&eacute;carit&eacute; d&rsquo;emploi ou sociale se g&eacute;n&eacute;ralise,          l&agrave;-bas la mis&egrave;re bat des records historiques. Bien que plus          personne ne conteste la responsabilit&eacute; de la surproduction et la          surconsommation dans les d&eacute;r&egrave;glements &eacute;conomiques,          sociaux et &eacute;cologiques qui ruinent notre pr&eacute;sent et compromettent          notre avenir, les dirigeants et les m&eacute;dias s&rsquo;obstinent :          Hors de la croissance et du plein emploi point de salut ! Au premier million          de ch&ocirc;meurs ils l&rsquo;affirmaient avec vigueur, au second ils          le certifiaient &eacute;tudes &agrave; l&rsquo;appui, au troisi&egrave;me          elle fait toujours la une...
Or depuis plus de trente ans que la croissance et le d&eacute;veloppement,          son ersatz exportable, nous m&egrave;nent au bonheur que constatons-nous          ?
La fermeture d&rsquo;une usine est plus rentable que sa production, une          politique de licenciement assure une hausse d&rsquo;action en bourse.          L&rsquo;industrie d&eacute;localise comme vous changez de chemise, ce          apr&egrave;s avoir longtemps profit&eacute; de cadeaux financiers des          &eacute;tats, donc du contribuable, sous la promesse non tenue de cr&eacute;er          des emplois. Bref, la courbe ascendante du ch&ocirc;mage suit inexorablement          celle des b&eacute;n&eacute;fices records enregistr&eacute;s en bourse.
Et voil&agrave; que les travailleurs sont somm&eacute;s de travailler          toujours plus pour encore moins tandis que le prix de la vie &euro;xplose.          Contraints d&rsquo;accepter contrats et conditions de travail toujours          plus pr&eacute;caires sous la menace latente ou d&eacute;clar&eacute;e          de rejoindre leurs camardes ch&ocirc;meurs.
Ces sans-emploi qui de victimes de la crise sont devenus coupables parasites          et sont mis en demeure (s&rsquo;il en ont une) de se vendre, de trouver          un travail qui n&rsquo;existe plus sous peine d&rsquo;exclusion au propre          comme au figur&eacute;. Il faut un certain culot pour annoncer une baisse          des chiffres du ch&ocirc;mage quand dans la r&eacute;alit&eacute; celle-ci          ne correspond pas &agrave; de nouveaux emplois mais au nombre d&rsquo;allocataires          exclus suite &agrave; la chasse en cours. Signe des temps, notons le revival          tr&egrave;s tendance des working-poors, tels ces Londoniens &agrave; l&rsquo;avant          garde de la flexibilit&eacute;, cumulant plusieurs emplois mais contraints          de faire les poubelles pour permettre aux leurs de survivre.
Ces quelques          observations d&eacute;montrent &agrave; elles seules l&rsquo;actualit&eacute;          et la pertinence de la remise en question du travail salari&eacute; comme          unique acc&egrave;s &agrave; la vie active, &agrave; la participation          sociale et citoyenne. Car en finir avec le travail ne signifie pas cesser          de s&rsquo;activer, que du contraire.
Avant de poursuivre un d&eacute;finition s&rsquo;impose, il est n&eacute;cessaire          de d&eacute;mystifier le terme avant son culte. En effet ce mot pi&egrave;ge,          maudit et v&eacute;n&eacute;r&eacute; a la particularit&eacute; de d&eacute;signer          autant le labeur forc&eacute;, &eacute;puisant, r&eacute;p&eacute;titif          et abrutissant que les activit&eacute;s &eacute;panouissantes et librement          choisies.
Vous l&rsquo;aurez compris la cible de cet attentat litt&eacute;raire          est bien le travail effectu&eacute; sous la contrainte, quelle qu&rsquo;elle          soit, du fouet au salariat.
Un petit d&eacute;tour par l&rsquo;&eacute;tymologie s&rsquo;av&egrave;re          tr&egrave;s instructif. Beaucoup connaissent l&rsquo;origine r&eacute;v&eacute;latrice          du terme fran&ccedil;ais qui, comme pour les autres langues latines, n&rsquo;est          autre que le tripalium, joug de torture destin&eacute; aux esclaves. Peu          savent qu&rsquo;il en va de m&ecirc;me dans la plupart des langues europ&eacute;ennes.          Ainsi dans les idiomes germaniques le mot d&eacute;signe la corv&eacute;e          d&rsquo;un enfant orphelin devenu serf.
Apr&egrave;s cette petite histoire s&eacute;mantique rappelons bri&egrave;vement          celle du mal pr&eacute;tendument n&eacute;cessaire qu&rsquo;il d&eacute;signe.          Car un des atouts du productivisme est de s&rsquo;appuyer sur la croyance          qu&rsquo;il en a toujours &eacute;t&eacute; ainsi, que le travail est          le propre de l&rsquo;homme, qu&rsquo;il est dans sa nature. Bref, une          fatalit&eacute; &agrave; laquelle n&rsquo;existe aucune alternative. Or          comme nous allons le voir, il n&rsquo;y a rien de plus faux.
&laquo;          Le travail rend libre ! &raquo;
Pour commencer          par le d&eacute;but, si l&rsquo;humain est apparu il y a plusieurs millions          d&rsquo;ann&eacute;es, le travail lui n&rsquo;existe que depuis 15.000          ans &agrave; peine. Rassurez-vous il ne s&rsquo;agit pas de vanter avec          nostalgie le paradis perdu, mais juste de r&eacute;gler son compte au          premier mythe de notre liste, celui qui pr&eacute;tend qu&rsquo;il en          a toujours &eacute;t&eacute; ainsi . En effet les activit&eacute;s auxquelles          se livraient nos a&iuml;eux et qui les occupaient tout au plus trois heures          par jour, comme la cueillette puis la p&ecirc;che ou la chasse sont de          nos jours toutes consid&eacute;r&eacute;es comme des loisirs ! Mais voil&agrave;          qu&rsquo;un beau jour, Cro&acirc;r fils des &acirc;ges farouches &eacute;prouve          subitement un &eacute;trange besoin de jardinage. Apr&egrave;s des centaines          de milliers d&rsquo;ann&eacute;es d&rsquo;une heureuse alliance avec son          milieu notre homme d&eacute;cide de le dompter !
Or d&egrave;s la premi&egrave;re graine sem&eacute;e une suite de bouleversements          sans pr&eacute;c&eacute;dents vont se produire. Adieu la grande promenade,          bonjour s&eacute;dentarit&eacute; et autres embouteillages sur le p&eacute;rif          ! Car qui dit champs dit moisson, qui dit r&eacute;colte dit exc&eacute;dent,          qui dit stock dit muraille, qui dit territoire dit guerre...Une impressionnante          r&eacute;action en cha&icirc;ne qui semble na&icirc;tre d&rsquo;un divorce          consomm&eacute; avec la nature et pourrait bien s&rsquo;achever par une          autre r&eacute;action en cha&icirc;ne, atomique cette fois, si nous n&rsquo;y          prenons pas garde.
Tr&ecirc;ve          de pr&eacute;cipitation, revenons un instant &agrave; l&rsquo;Antiquit&eacute;          lorsqu&rsquo;un certain Aristote, bien connu des services de l&rsquo;empire,          d&eacute;clara : &laquo; Il est beau de ne pratiquer aucun m&eacute;tier,          car un homme libre ne doit pas vivre pour servir autrui. &raquo;.
Ceci pour constater que d&egrave;s son apparition le travail fut consid&eacute;r&eacute;          comme une mal&eacute;diction &agrave; fuir comme la peste et que l&rsquo;ont          confiait d&egrave;s lors volontiers aux esclaves ou autres serfs corv&eacute;ables          &agrave; merci. Les nobles aristocrates qui succ&eacute;deront aux ma&icirc;tres          Romains justifieront par la religion et leur sang bleu les privil&egrave;ges          qui les dispensaient de cette Mal&eacute;diction d&eacute;cr&eacute;t&eacute;e          Divine. Les variations autour de ce th&egrave;me sont presque aussi nombreuses          qu&rsquo;il y e&ucirc;t de civilisations. Il est toutefois troublant de          noter que nos m&eacute;di&eacute;vaux anc&ecirc;tres travaillaient nettement          moins que de nos jours. D&rsquo;une part le travail &eacute;tait li&eacute;          aux saisons, d&rsquo;autre part le nombre de jours ch&ocirc;m&eacute;s          -en cette &eacute;poque o&ugrave; le terme &eacute;tait r&eacute;jouissant-          repr&eacute;sentaient un bon tiers du calendrier vu la quantit&eacute;          invraisemblable de saints &agrave; f&ecirc;ter. R&eacute;jouissances &agrave;          profusion qui rimaient avec une vie sociale riche, All&eacute;luia !
Il fallait donc s&eacute;vir. C&rsquo;est ce que firent habilement les          Protestants, paradoxalement suivis des Lumi&egrave;res, ainsi que la r&eacute;volution          industrielle d&egrave;s ses balbutiements en Flandres et au-del&agrave;.
Le travail est donc sacralis&eacute;, il n&rsquo;est plus honteux de travailler,          faire du profit n&rsquo;est plus un p&ecirc;ch&eacute; ! Sous nos yeux          &eacute;bahis le travail se m&eacute;tamorphose de mal&eacute;diction          divine en un devoir glorieux, mieux : en droit fondamental, Amen !
La suite          est connue. Alors que la plan&egrave;te, l&rsquo;humain et le vivant saturent,          les &eacute;conomistes et les politiques persistent &agrave; vanter le          plein emploi et imposent la croissance.
A qui profite cette irresponsable fuite en avant ? Qui tire les b&eacute;n&eacute;fices          de cette surproduction insens&eacute;e de gadgets inutiles qui n&rsquo;ont          d&rsquo;autres buts que de produire du travail donc de g&eacute;n&eacute;rer          des profits ? Certainement pas &agrave; vous, m&ecirc;me si vous travaillez          &agrave; la conception, &agrave; la production, &agrave; la promotion          ou la distribution des ces co&ucirc;teux gadgets vous en payez le prix          fort. Vous y sacrifiez plus d&rsquo;un tiers de votre vie, souvent votre          sant&eacute; et votre vie familiale ou sociale en p&acirc;tit toujours          plus. Sans parler des d&eacute;g&acirc;ts, de la pollution engendr&eacute;e          par ces activit&eacute;s souvent d&eacute;nu&eacute;es de sens, ni du          prix bien plus &eacute;lev&eacute; que payeront les g&eacute;n&eacute;rations          futures h&eacute;riti&egrave;res involontaires de nos n&eacute;vroses          consum&eacute;ristes. Perdre sa vie &agrave; la gagner, le salaire &eacute;tant          le b&acirc;ton et la carotte.
Ici appara&icirc;t l&rsquo;inavouable fonction de l&rsquo;argent qui -au-del&agrave;          de g&eacute;rer le troc qui peut tr&egrave;s bien s&rsquo;en passer- est          de quantifier, d&eacute;gager des profits induits par le travail d&rsquo;autrui          et surtout de permettre une accumulation nettement sup&eacute;rieure aux          besoins personnels d&rsquo;un individu ou d&rsquo;une &eacute;lite. Ce          qu&rsquo;il fallait d&eacute;mont(r)er ?
Tant d&rsquo;activit&eacute;s parmi les plus absurdes que l&rsquo;esp&egrave;ce          humaine n&rsquo;aie pu inventer dans les seuls buts de justifier salaires          des uns, profits des autres et d&rsquo;imposer un contr&ocirc;le social          sous forme d&rsquo;occupations abrutissantes. Voil&agrave; qui explique          pourquoi vous ne pouvez quitter le bureau ou l&rsquo;atelier avant la          fin de la journ&eacute;e m&ecirc;me si vous avez d&eacute;j&agrave; termin&eacute;          vos t&acirc;ches &agrave; midi, ce n&rsquo;est plus votre force de travail          mais votre temps de vie que vous vendez !
Ce n&rsquo;est pas un hasard si les r&eacute;gimes totalitaires, de Vichy          &agrave; Moscou en passant par Berlin, ont de tout temps us&eacute; et          abus&eacute; du travail afin d&rsquo;emp&ecirc;cher leurs peuples de penser          donc d&rsquo;&ecirc;tre, voir d&rsquo;en liquider physiquement certains          groupes... A l&rsquo;entr&eacute;e des camps nazis figurait l&rsquo;inscription          &laquo;le travail rend libre&raquo; ...
Avoir          l&rsquo;heure ou avoir le temps...
Nous l&rsquo;avons          vu le travail n&rsquo;est ni dans la nature humaine, ni dans la nature          de l&rsquo;activit&eacute; humaine elle-m&ecirc;me, dont il est l&rsquo;abstraction          monnayable. Malgr&eacute; des l&eacute;gendes tenaces il n&rsquo;est pas          non plus une fatalit&eacute;. La mystification de la croissance est un          non-sens &eacute;co-mortel qui nous est impos&eacute;e par des institutions          non-d&eacute;mocratiques tel le FMI , la banque Mondiale ou de puissantes          multinationales &agrave; grands coups de rentabilit&eacute;, flexibilit&eacute;,          comp&eacute;titivit&eacute; et autres dogmes. Si le mythe de la croissance          infinie pouvait s&eacute;duire un contemporain de Christophe Colomb croyant          d&eacute;couvrir l&rsquo;Inde, il s&rsquo;av&egrave;re anachronique et          criminel &agrave; l&rsquo;heure actuelle.
Il est urgent de sortir de l&rsquo;impasse du productivisme, les alternatives          existent et nombreuses sont celles qui ont d&eacute;j&agrave; fait leurs          preuves. Abolir le travail n&rsquo;est pas se tourner vers le pass&eacute;,          au contraire le d&eacute;passement de la situation actuelle aura grand          besoin de certaines de ces technologies dites de pointe et pourtant vieilles          comme le monde, tels les &eacute;nergies renouvelables, les r&eacute;seaux          d&rsquo;&eacute;changes de savoirs, les r&eacute;seaux de troc sur et          hors de la Toile. L&rsquo;allocation universelle -en attendant ou en pr&eacute;cipitant          la fin du capitalisme- est une autre piste provisoire &agrave; &eacute;tudier          prudemment.
Un paradoxe int&eacute;ressant est qu&rsquo;en d&eacute;mat&eacute;rialisant          l&rsquo;argent, la cyber-finance pourrait faciliter, bien malgr&eacute;          elle, la fin du capital ! Imaginez juste un instant qu&rsquo;un beau matin,          pris d&rsquo;un &eacute;lan de lucidit&eacute;, nous d&eacute;cidions          tous de jeter nos cartes magn&eacute;tiques et de continuer tout simplement          comme avant ! Bien s&ucirc;r beaucoup seront tent&eacute;s dans un premier          temps de prendre cinq tartes aux fraises au lieu d&rsquo;une baguette          mais leur estomac les rappellera rapidement &agrave; la raison. De plus          tartes et baguettes seront bien meilleures vu que les boulangers qui poursuivront          leur activit&eacute; le feront uniquement parce qu&rsquo;ils aiment &ccedil;a          et en sont fiers !
Cessons de          maudire ou craindre cette nouvelle situation que nous avons tant souhait&eacute;          et r&eacute;jouissons nous du temps retrouv&eacute;. Valorisons les activit&eacute;s          sens&eacute;es, d&eacute;j&agrave; nombreuses, ax&eacute;es sur l&rsquo;&eacute;ducation,          le bien-&ecirc;tre et la sant&eacute;, les services publics et concrets          &agrave; la collectivit&eacute;, la cr&eacute;ativit&eacute; et les arts.          Toutes ces professions qui dans ce monde invers&eacute; sont les premi&egrave;res          sacrifi&eacute;es sur l&rsquo;autel des restrictions budg&eacute;taires.          Bard&eacute;s de nos sciences et technologies r&eacute;concilions nous          avec la nature. Faisons le tri entre le n&eacute;cessaire, le superflu          et l&rsquo;inutile. Avez-vous d&eacute;j&agrave; os&eacute; calculer le          temps que vous travaillez pour payer la voiture que vous utilisez pour          vous rendre ...&agrave; votre travail ? Consommer moins, c&rsquo;est travailler          moins. Diff&eacute;rentes &eacute;tudes men&eacute;es par d&rsquo;authentiques          &eacute;conomistes ont r&eacute;guli&egrave;rement d&eacute;montr&eacute;          que les activit&eacute;s r&eacute;ellement n&eacute;cessaires pour subvenir          au besoin quotidien de notre soci&eacute;t&eacute; repr&eacute;sente moins          de trois heures journali&egrave;res, &ccedil;a ne vous rappelle rien ?          Enfin du temps pour soi, pour lire, pour jouer avec ses enfants, pour          son partenaire, pour vivre !
Avant de          conclure il faut &eacute;voquer le danger que comporte la critique du          travail, afin de ne pas se fourvoyer et lacher la proie pour l&rsquo;ombre.          Il ne s&rsquo;agit pas de faire le jeu de liquidateurs du bien public.          C&rsquo;est bien par l&rsquo;acc&egrave;s &agrave; l&rsquo;emploi que          les travailleurs d&rsquo;antan ont pu am&eacute;liorer leurs conditions          de vie, s&rsquo;organiser, lutter pour (re)conqu&eacute;rir leur dignit&eacute;.          Ce que la novlangue nomme &agrave; tort les acquis sociaux furent de fait          des conqu&ecirc;tes arrach&eacute;es au prix du sang des prol&eacute;taires.          Notons toutefois que les insurg&eacute;s de la Commune n&rsquo;avaient          pas &agrave; se soucier de la fonte des p&ocirc;les...
A nous de tisser et b&acirc;tir, mobiliser pour &eacute;tablir de nouveaux          rapports de forces et de farces ! A quand la gr&egrave;ve g&eacute;n&eacute;rale          contre le travail ? !
La croissance durable n&rsquo;&eacute;tant qu&rsquo;oxymoron, la d&eacute;croissance          comme le bon sens inscrivent la critique du travail &agrave; l&rsquo;agenda          de tout &ecirc;tre qui n&rsquo;a pas d&eacute;sappris &agrave; penser.
Cette modeste contribution ne pr&eacute;tend pas apporter d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments          neufs ou de r&eacute;ponses d&eacute;finitives &agrave; la remise en question          du travail et de ses mythes et dogmes. Ses buts sont d&rsquo;inciter les          lectrices et lecteurs &agrave; pousser plus loin la r&eacute;flexion en          consultant les nombreux ouvrages dont ce texte s&rsquo;est librement inspir&eacute;          (cf. liens &amp;bibliographie).Contredire la pens&eacute;e unique et d&rsquo;affirmer          que non seulement une autre vie et un autre monde sont possibles, mais          surtout qu&rsquo;il est urgent de passer de la th&eacute;orie &agrave;          la pratique.
Pour conclure          en r&eacute;pondant d&rsquo;avance &agrave; ceux qui ne manqueront pas          de clamer que tout ceci ne sont que fadaises ou de dangereuses chim&egrave;res          : L&rsquo;utopie -irresponsable et criminelle- est de s&rsquo;obstiner          &agrave; cautionner un syst&egrave;me qui va et nous emm&egrave;ne, nous          le constatons tous, droit au mur !
Bonne sieste          ! 
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&gt;&gt;&gt;Le          travail est-il dans la nature de l&rsquo;homme ? Est-il le propre de l&rsquo;Homme          ?
Depuis plus          de 15.000 ans et le passage du nomadisme &agrave; la s&eacute;dentarit&eacute;,          de la cueillette &agrave; l&rsquo;agriculture, il rythme le quotidien          de l&rsquo;humain .
Voil&agrave; plus d&rsquo;un si&egrave;cle que ce travail de l&rsquo;humain          modifie radicalement le rythme du vivant pour en arriver ces derni&egrave;res          d&eacute;cennies &agrave; perturber les rythmes de la plan&egrave;te elle-m&ecirc;me.
Si le travail est bien le propre d&rsquo;une majorit&eacute; &eacute;crasante          de communaut&eacute;s humaines, il n&rsquo;est pas dans sa nature et certainement          pas dans la Nature.
La Nature ne quantifie pas, elle offre &agrave; profusion &agrave; ceux          qui la respectent. 
Rassurez-vous, si la th&eacute;orie du &laquo; futur-primitif &raquo;          sera &eacute;voqu&eacute;e, il ne s&rsquo;agira pas ici de vanter avec          nostalgie un pass&eacute; d&eacute;finitivement r&eacute;volu en trahison          r&eacute;ciproque. Laissons cela aux r&eacute;actionnaires, c&rsquo;est          le leur, de travail pr&eacute;cis&eacute;ment.
Car abolir le travail ne signifie en rien se tourner vers le pass&eacute;,          au contraire le d&eacute;passement de la situation actuelle aura grand          besoin de certaines de ces technologies dites de pointe et pourtant vieilles          comme le monde, tel les &eacute;nergies douces. Ou quand notre futur et          nature riment hors des calculs bio-g&eacute;n&eacute;tiquement modifi&eacute;s          de la haute finance. 
La Nature donne sans compter, pendant des centaines de milliers d'ann&eacute;es          elle pourvoyait g&eacute;n&eacute;reusement au besoin des humains. Aujourd&rsquo;hui          apr&egrave;s un pillage effr&eacute;n&eacute; de quelques si&egrave;cles          culminant par une mise &agrave; sac visible par tous et que plus personne          ne conteste, elle reste pourtant capable de nous aider &agrave; sortir          de l&rsquo;impasse, de cette fosse commune que nous nous creusons.
Mais comme nous le savons toutes et tous &agrave; pr&eacute;sent : il          y a urgence. Par le travail nous avons d&eacute;j&agrave; s&eacute;rieusement          &eacute;prouv&eacute; nos limites et celles du vivant, nous constatons          maintenant celle de la Terre. 
Aujourd&rsquo;hui il ne s&rsquo;agit plus ni de rapport alarmant de climatologue          ou d&rsquo;&eacute;cologiste suppliant, non cette fois les cons&eacute;quences          de notre irresponsabilit&eacute; font l&rsquo;actualit&eacute;, notre          quotidien!
Ce ne sont plus des signes avant-coureurs mais des &eacute;vidences :          il est temps d&rsquo;en finir avec les mythes &eacute;co-mortels du travail,          de la rentabilit&eacute; et de la croissance alors que notre unique plan&egrave;te          et le vivant saturent.

<img width="162" height="170" alt="" src="http://users.skynet.be/undergroove/activista/imageactiuse/desamiantage.jpg" />
Petit article          -trouv&eacute; dans le bulletin A4 du r&eacute;seau &quot;R&eacute;sistons          ensemble&quot;contre les violences polici&egrave;res et s&eacute;curitaires:
[Silence          on tue]
&quot;En          France, ce sont quelque 15 000 morts par maladie professionnelle qui sont          recens&eacute;s par l&rsquo;Institut national de veille sanitaire (InVS)          en 2000 (un chiffre en hausse). Une autre &eacute;tude du minist&egrave;re          de l&rsquo;Emploi montre que 2,37 millions de salari&eacute;s sont expos&eacute;s          &agrave; des produits canc&eacute;rig&egrave;nes. En Europe de l&rsquo;ouest,          le co&ucirc;t humain de l&rsquo;utilisation de l&rsquo;amiante d&eacute;passera          les 600 000 d&eacute;c&egrave;s pour les 35 ans &agrave; venir (chiffres          de l&rsquo;&eacute;pid&eacute;miologiste J. Peto paru dans le bulletin          de l&rsquo;ANDEVA en juin 1999). Les cons&eacute;quences mortelles du          produit sont connues depuis le d&eacute;but du XXe si&egrave;cle (en France,          le premier proc&egrave;s pour empoisonnement professionnel par l&rsquo;amiante          date de 1924), mais les perspectives &eacute;conomiques pr&eacute;valent          sur la vie des travailleurs. Le Canada, principal producteur d&rsquo;amiante,          a port&eacute; plainte aupr&egrave;s de l&rsquo;OMC au nom de la &laquo;          libert&eacute; du commerce international &raquo; contre la d&eacute;cision          fran&ccedil;aise d&rsquo;interdire l&rsquo;amiante depuis janvier 1997.          Saint-Gobain, un des fabricants d&rsquo;amiante, s&rsquo;est reconverti          dans le d&eacute;samiantage en France tout en poursuivant son activit&eacute;          &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger, en particulier au Br&eacute;sil... Le          carnage continue. Les r&eacute;cents attentats de Londres, &eacute;v&eacute;nements          terribles s&rsquo;il en est, sont loin d&rsquo;atteindre de telles proportions...          Autant de travailleurs, d&rsquo;hommes et femmes, morts, r&eacute;sultat          d&rsquo;un terrorisme qu&rsquo;on voudrait passer sous silence.&quot;
BLOG DU COLLECTIF &quot;Les &eacute;lus, c'est VOUS!&quot;&nbsp; 
 Ciquez ici]]></description>
	<link>http://keru.zeblog.com/307534-le-travail-tue/</link>
	<author>Keru</author>
	<pubDate>Sat, 29 Mar 2008 18:11:00 +0100</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Ile de groix info censure toujours!</title>
	<description><![CDATA[                 10 mars 2008-16:41
&quot; le jour o&ugrave; tu auras 17 000 visites/24h. on ira faire de la pub chez toi. Pour l&rsquo;instant &agrave; quoi veux-tu que cela nous serve ? Nous, nous n&rsquo;avons rien &agrave; vendre, ni &eacute;lection, ni journal ni... ni...
qui faisait de la pub pour l&rsquo;autre l&agrave;&nbsp;: 
<img src="http://ile-de-groix.info/images/puce.gif" alt="" />http://ile-de-groix.info/article.php3?id_article=12740  ? 
AM &quot;

Je r&eacute;pondais &agrave; son message publi&eacute; ici: http://ile-de-groix.info/article.php3?id_article=13756#forum13649


Anita tu fais de la &quot;pub&quot; pour moi mais j'en ai pas besoin. Nous aurions aim&eacute; de la &quot;pub&quot; pour notre blog Ouvert &quot;Les Elus, c'est VOUS!&quot;.
Nous aurons  17 000 visites/24h, le jour ou nous ferons une vitrine pour les r&eacute;sidents secondaires, mais il n'est pas pr&egrave;s d'arriver.
Les gens qui fr&eacute;quentent notre blog vivent &agrave; Groix, et c'est tant mieux car c'est &agrave; eux que l'on veut causer!



Voici le message que la &quot;M&eacute;nard Team&quot; a censur&eacute;, juste apr&egrave;s la publication de ce message: 


&quot;je r&ecirc;ve&nbsp;! il nous traite de censeurs sur son blog mais vient faire sa pub ici&nbsp;!
TM&quot; 


Quelle belle le&ccedil;on de morale Thomas...

BLOG DU COLLECTIF &quot;Les &eacute;lus, c'est VOUS!&quot;&nbsp; 
 Ciquez ici]]></description>
	<link>http://keru.zeblog.com/302290-ile-de-groix-info-censure-toujours/</link>
	<author>Keru</author>
	<pubDate>Mon, 10 Mar 2008 19:05:00 +0100</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Sommes-nous près pour des actions coordonnées ?</title>
	<description><![CDATA[
La question, &agrave; l'heure ou les m&eacute;dias commencent leur campagne contre les vilains &quot;anarcho-autonomes&quot;&nbsp;: sommes-nous pr&egrave;s &agrave; l'action coordonn&eacute;e&nbsp;?
Lire dans le Monde, le Figaro des articles sur une soi-disant radicalisation de la &quot;mouvance anarcho-autonome&quot;, entendre sur RTL les m&ecirc;mes amalgames cherchant &agrave; placer le classique discours bien-pensant &quot;extr&egrave;me-droite, extr&egrave;me-gauche m&ecirc;me combat&quot; comme &eacute;tant une v&eacute;rit&eacute; absolue, ont choqu&eacute; tout les partisans du mouvement r&eacute;volutionnaire et de l'action directe. N&eacute;anmoins, ces articles d&eacute;montrent une chose&nbsp;: le mouvement r&eacute;volutionnaire, en France, est d&eacute;sormais suffisamment puissant pour effrayer un gouvernement qui a avec lui tout l'appareil repressif (regressif) de l'Etat. Nous sommes maintenant &agrave; 2 mois du mois de mai 2008. La question n'est pas pour nous de savoir si nous sommes capable de lancer une dynamique r&eacute;volutionnaire sur la base de rien, mais de savoir si nous pouvons, en mai, organiser des actions coordonn&eacute;es, symboliques et utiles. Dans ce cas, nous devons garder &agrave; l'esprit que nous ne sommes ni des gamins de 13 ans tent&eacute;s par les sensations fortes fabriquant une bombe artisanale dans leur jardin, ni des terroristes. Le sabotage, le blocage, l'occupation, la d&eacute;sob&eacute;issance&nbsp;: voil&agrave; les v&eacute;ritables fondements de l'action directe. Nos cibles&nbsp;? Ce qui oppresse les citoyens au quotidien. Cam&eacute;ras de surveillance, machines biom&eacute;triques, CRA, locaux des groupes d'extr&egrave;me-droite, v&eacute;hicules de police, panneaux publicitaires... Organisez-vous d&egrave;s maintenant, chacun peut faire quelque chose&nbsp;: de la destruction d'une cam&eacute;ra de surveillance au blocage d'un lyc&eacute;e en passant par l'occupation de logements vides, mai 2008 doit &ecirc;tre le mois de l'action directe, du sabotage, de la d&eacute;sob&eacute;issance cr&eacute;atrice de libert&eacute;. Loin des armes, loin des bombes, la r&eacute;volution se fera par le peuple, avec les moyens du peuple. 
C.A.S.S.E Comit&eacute; Action Sabotage Section Erroriste

&nbsp;
Chop&eacute; sur Indymedia
]]></description>
	<link>http://keru.zeblog.com/299061-sommes-nous-pres-pour-des-actions-coordonnees/</link>
	<author>Keru</author>
	<pubDate>Wed, 27 Feb 2008 22:28:00 +0100</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Contre l'Amour</title>
	<description><![CDATA[La culture de l&rsquo;Amour
L&rsquo;Amour et ses repr&eacute;sentations ne sont pas des banalit&eacute;s niaises &agrave; m&eacute;priser en passant, mais des vecteurs de souffrances et d&rsquo;exclusions &agrave; combattre...
&laquo;&nbsp;- Vous &ecirc;tes dans une relation Amoureuse&nbsp;? 
<img width="8" height="11" alt="-" src="http://infokiosques.net/puce.gif" />&nbsp;Non, je ne dirais pas que c&rsquo;est de l&rsquo;Amour. C&rsquo;est plus une amiti&eacute; tendre, une amiti&eacute; sexuelle, une chouette affinit&eacute;, je ne sais pas. Mais de l&agrave; &agrave; parler d&rsquo;Amour... Le terme est un peu fort.&nbsp;&raquo;
&laquo;&nbsp;Amour&nbsp;&raquo;, un terme un peu fort, un peu vague, plut&ocirc;t indiscernable, relativement d&eacute;vastateur. On ne sait pas trop quand l&rsquo;employer. Certainement pas n&rsquo;importe quand. On ne sait pas toujours vraiment tout ce qu&rsquo;il recouvre, on se trouve souvent un peu perdu face &agrave; lui, la seule chose qu&rsquo;on sait, c&rsquo;est qu&rsquo;il a du poids. On ne joue pas avec ce mot-l&agrave;.
Bon. Peut-&ecirc;tre faudrait-il donc commencer par des questions de vocabulaire. Alors. Quand des &ecirc;tres &eacute;prouvent de l&rsquo;affection, ils peuvent se transmettre diff&eacute;rentes choses&nbsp;; ils peuvent avoir divers &eacute;changes affectifs&nbsp;:
<img width="8" height="11" alt="-" src="http://infokiosques.net/puce.gif" />&nbsp;Des baisers sur la joue. Des baisers sur les l&egrave;vres. Des baisers sur le coude. Des baisers ailleurs. Des frotti-frotta sur le nez. Des caresses. Des &eacute;treintes, comme quand on se prend dans les bras. Des saisissures par la main. Des bras-dessus-bras-dessous. Des touchers de cheveux. Des sommeils c&ocirc;te &agrave; c&ocirc;te, ou coll&eacute;-e-s. Des l&eacute;chouilles. Des cuni, des fellations. Des chatouilles. Des attouchements g&eacute;nitaux. Des p&eacute;n&eacute;trations anales. J&rsquo;en passe et des meilleures. On appellera tout &ccedil;a des &eacute;changes physiques. Il semble habituel de les diviser en deux groupes&nbsp;: ceux qui procurent un plaisir sexuel, qu&rsquo;on appellera donc &eacute;changes sexuels, et ceux qui procurent d&rsquo;autres plaisirs, qu&rsquo;on appellera gestes de tendresse.
<img width="8" height="11" alt="-" src="http://infokiosques.net/puce.gif" />&nbsp;Des regards. Des discussions interminables. Des louanges. Des marques d&rsquo;attention, d&rsquo;&eacute;coute, d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t. Des moments pass&eacute;s ensemble. Des mots doux. Des tranches de rigolade. Des sourires complices. J&rsquo;en passe et des meilleures encore. Il s&rsquo;agit l&agrave; aussi d&rsquo;&eacute;changes affectifs, mais sans contact physique&nbsp;: attitudes, comportements, dialogues...
Quand on participe &agrave; des &eacute;changes affectifs, et que l&rsquo;&eacute;change se passe bien, on en retire des choses, qu&rsquo;on appellera des biens affectifs. Sensations agr&eacute;ables, de douceur, de plaisir, de tendresse, sentiments de valorisation, sentiments de complicit&eacute;, impressions d&rsquo;exister, de compter,... Comme quand on &eacute;change des choses palpables et entreposables, comme quand j&rsquo;&eacute;change deux pi&egrave;ces de monnaie contre une tondeuse &agrave; gazon, j&rsquo;effectue un &eacute;change mat&eacute;riel et j&rsquo;en retire un bien mat&eacute;riel&nbsp;: une rutilante tondeuse &agrave; gazon. Je pourrai dire &agrave; mes ami-e-s qui viendront admirer ma liste de biens mat&eacute;riels&nbsp;: &laquo;&nbsp;oui, j&rsquo;ai ceci, j&rsquo;ai cela, j&rsquo;ai une pompe &agrave; v&eacute;lo et une tondeuse &agrave; gazon&nbsp;&raquo;. Si je le voulais, apr&egrave;s une heure pass&eacute;e avec Philippe, je pourrais faire int&eacute;rieurement le compte de mes biens affectifs, et je verrais que notre heure d&rsquo;&eacute;change m&rsquo;a procur&eacute; 25 grammes de plaisir sensuel &agrave; l&rsquo;orteil gauche et 89 onces de sentiment de complicit&eacute;. Je ne dis pas qu&rsquo;il faut tout compter, n&rsquo;est-ce pas, j&rsquo;essaye juste d&rsquo;illustrer le vocabulaire que je propose.
Reprenons, reprenons, soyons s&ucirc;r-e-s de ne pas nous embrouiller les pinceaux avec tout &ccedil;a. Les &eacute;changes affectifs entre des personnes, &ccedil;a peut prendre toute une s&eacute;rie de formes, toute une s&eacute;rie tr&egrave;s longue et tr&egrave;s diverse de formes, pleine de subtilit&eacute;s, d&rsquo;originalit&eacute;s, de cr&eacute;ativit&eacute;s et de tabous. Ca peut prendre la forme d&rsquo;&eacute;changes physiques ou non, d&rsquo;&eacute;changes sexuels, de gestes de tendresse. Et quand ces &eacute;changes affectifs nous font du bien, nous en retirons des biens affectifs. On y est&nbsp;? Bon.
Les diff&eacute;rentes cultures qui &eacute;maillent l&rsquo;humanit&eacute; ont chacune leur mani&egrave;re de g&eacute;rer tous ces &eacute;changes affectifs. Certains sont interdits, d&rsquo;autres sont tol&eacute;r&eacute;s, ou cat&eacute;goris&eacute;s, regroup&eacute;s, cod&eacute;s, succ&eacute;d&eacute;s, nomm&eacute;s, norm&eacute;s. Par exemple, notre culture a principalement deux mots pour les &eacute;changes affectifs&nbsp;: &laquo;&nbsp;amiti&eacute;&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;Amour&nbsp;&raquo;. Surprenant, non&nbsp;? Deux seuls mots, deux seules &eacute;tiquettes, pour tant d&rsquo;&eacute;changes affectifs diff&eacute;rents.
&laquo;&nbsp;- Toi, tu crois qu&rsquo;il peut y avoir de l&rsquo;amiti&eacute; entre un gar&ccedil;on et une fille&nbsp;? Quelle est la diff&eacute;rence entre l&rsquo;amiti&eacute; et l&rsquo;Amour&nbsp;?&nbsp;&raquo;
La question est absurde, d&eacute;j&agrave; parce qu&rsquo;elle sous-entend que l&rsquo;Amour ne peut pas exister entre gar&ccedil;ons ou entre filles. Mais en m&ecirc;me temps elle est r&eacute;v&eacute;latrice&nbsp;: notre pauvre vocabulaire ne met que deux termes &agrave; notre disposition pour parler de relations affectives. On ne dit pas &laquo;&nbsp;avec untel il y a des bisous, de l&rsquo;&eacute;coute et de la complicit&eacute;&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;avec unetelle il y a un peu de sexualit&eacute; et beaucoup de rires&nbsp;&raquo;, on dit &laquo;&nbsp;avec untel il y a de l&rsquo;Amour&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;avec toi c&rsquo;est juste de l&rsquo;amiti&eacute;&nbsp;&raquo; . On classe nos relations dans deux cases tr&egrave;s r&eacute;ductrices. Et ces deux cases ne sont pas &eacute;quilibr&eacute;es, loin de l&agrave;. &laquo;&nbsp;L&rsquo;amiti&eacute;&nbsp;&raquo; recouvre une &eacute;norme vari&eacute;t&eacute; d&rsquo;&eacute;changes affectifs. &laquo;&nbsp;L&rsquo;Amour&nbsp;&raquo; , lui, n&rsquo;est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;un point culminant, une totalit&eacute;, l&rsquo;amiti&eacute; au centuple, l&rsquo;amiti&eacute; &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me. Il est &agrave; la fois &eacute;norme et rarissime.
&laquo;&nbsp;L&rsquo;Amour, l&rsquo;Amour... C&rsquo;est quoi au juste&nbsp;?&nbsp;&raquo;
L&rsquo;&eacute;tiquette &laquo;&nbsp;Amour&nbsp;&raquo; a &eacute;t&eacute; invent&eacute;e par notre riche et maudite culture dans les tr&eacute;fonds du Moyen-Age. Une dose de christianisme et une dose d&rsquo;amour courtois, et hop&nbsp;! voil&agrave; fa&ccedil;onn&eacute; le mythe de l&rsquo;Amour avec un grand A, l&rsquo;idole Amour, qui traverse les &acirc;ges sur son jeune et beau cheval blanc, de po&egrave;mes romantiques en drames contemporains. Bon moi je ne suis pas historien, mais il doit y en avoir qui ont &eacute;tudi&eacute; la naissance et la croissance de cette idole, un jour j&rsquo;irai faire des recherches.
&laquo;&nbsp;Mais donc, c&rsquo;est quoi l&rsquo;Amour&nbsp;?&nbsp;&raquo;
L&rsquo;Amour est un Dieu. On communie avec lui dans l&rsquo;extase la plus compl&egrave;te. On l&rsquo;attend au tournant, on l&rsquo;appelle au secours, on r&ecirc;ve d&rsquo;&ecirc;tre touch&eacute;-e par sa gr&acirc;ce, on craint ses courroux plus que tout. On l&rsquo;adore. On le prie, le soir dans son lit, de se manifester. Il nous sauvera. Il est la seule chose qui fera de notre chemin sur terre un paradis. En m&ecirc;me temps il nous promet les douleurs les plus atroces et les plus saintes.
L&rsquo;Amour, c&rsquo;est une forme d&rsquo;&eacute;change affectif totale. Totalisante. Totalitaire. L&rsquo;Amour, c&rsquo;est toutes les formes d&rsquo;&eacute;changes affectifs r&eacute;unies. Un monstre, un l&eacute;viathan, une hydre &agrave; moultes t&ecirc;tes. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;affection partielle ou nuanc&eacute;e, sinon &ccedil;a ne reste &laquo;&nbsp;que&nbsp;&raquo; de l&rsquo;amiti&eacute;, ou du partenariat sexuel, ou de l&rsquo;affection fraternelle... En plus d&rsquo;&ecirc;tre absolu, absolument &eacute;norme et absolument exhaustif, l&rsquo;&eacute;change affectif de type &laquo;&nbsp;Amour&nbsp;&raquo; doit correspondre &agrave; des crit&egrave;res pr&eacute;cis. Il n&rsquo;a lieu qu&rsquo;entre deux personnes h&eacute;t&eacute;rosexuelles. Il doit &ecirc;tre immortel, en tout cas il doit durer des ann&eacute;es et des ann&eacute;es. Il doit se vivre en couple exclusif, puis mari&eacute;, avec des enfants, le chien c&rsquo;est une option mais &ccedil;a aide &agrave; se persuader qu&rsquo;on y est bien, dans ce v&eacute;ritable Amour, avec sa v&eacute;ritable famille et ses v&eacute;ritables images d&rsquo;Epinal. Il est d&rsquo;ailleurs tr&egrave;s important de se demander r&eacute;guli&egrave;rement si notre Amour est &laquo;&nbsp;v&eacute;ritable&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;authentique&nbsp;&raquo;. Car on ne blasph&egrave;me pas avec l&rsquo;Amour, on ne prononce pas son nom en vain, sinon sacril&egrave;ge, sacril&egrave;ge&nbsp;!
&laquo;&nbsp;Un jour mon Prince viendra...&nbsp;&raquo;
Le Dieu Amour a ses Christs, ses rejetons incarn&eacute;s&nbsp;: c&rsquo;est le Prince charmant et la Princesse charmante. Les voici qui s&rsquo;avancent, regardez leur prestance, leur allure, leur charme, leur beaut&eacute;&nbsp;! Ce ne sont pas des &ecirc;tres humains, ce sont des anges. Illes sont parfait-e-s, archi-d&eacute;sirables, l&eacute;gendaires. Daigneront-illes nous adresser un clin d&rsquo;&oelig;il&nbsp;? Arriverons-nous &agrave; les attraper, &agrave; les poss&eacute;der, &agrave; s&rsquo;unir avec elleux et l&rsquo;Amour dans une sainte trinit&eacute;&nbsp;? Arriverons-nous &agrave; leur ressembler assez pour faire autant d&rsquo;effet autour de nous&nbsp;? Pour que partout, sans cesse, les gens se prosternent et nous d&eacute;clarent leur flamme&nbsp;?
Nous adorons le Prince ou la Princesse charmant-e-s, et &agrave; travers elle ou lui, nous adorons toutes les normes sociales dont notre culture l&rsquo;habille. Notre culture dessine un Prince charmant grand et fort, rassurant et protecteur&nbsp;: femme, c&rsquo;est celui que tu d&eacute;sireras&nbsp;! Homme, c&rsquo;est le mod&egrave;le que tu suivras pour s&eacute;duire&nbsp;! Notre culture pr&eacute;sente une Princesse charmante sensible et douce, mince et lisse&nbsp;: homme, ne r&ecirc;ve plus que de cet ersatz, femme, conformes-y toi dans la souffrance et le d&eacute;vouement&nbsp;! Les marchand-e-s de v&ecirc;tements, les publicitaires, les usines de produits de beaut&eacute;, et surtout le patriarcat, trouvent dans le Prince et la Princesse charmant-e leurs meilleur-e-s alli&eacute;-e-s. Quelle autre norme sociale peut se vanter d&rsquo;&ecirc;tre ardemment d&eacute;sir&eacute;e &agrave; ce point&nbsp;?
&laquo;&nbsp;I&rsquo;m feelin&rsquo; blue...&nbsp;&raquo;
Que de m&eacute;lancolie d&eacute;pens&eacute;e pour des mythes. Que de r&ecirc;ves, que de fantasmes, que d&rsquo;espoirs, que d&rsquo;&eacute;nergie, que de strat&eacute;gies, que de temps, que de tremblements, que de peurs, que de n&oelig;uds dans l&rsquo;estomac, que de hontes, que de larmes, que de larmes, que de larmes&nbsp;! Pour des l&eacute;gendes&nbsp;! L&rsquo;Amour, le Prince et la Princesse charmant-e-s devraient rester de simples histoires &agrave; faire peur, des mythes identifi&eacute;s et conscientis&eacute;s comme tels... Mais non, nous voulons y croire, nous ramenons ces mythes dans notre r&eacute;alit&eacute;, nous les cherchons sans rel&acirc;che, nous pensons &laquo;&nbsp;bien finir par les trouver un jour&nbsp;&raquo;. Dieu n&rsquo;existe pas, le tr&eacute;sor du Roi Midas non plus, lae Prince-sse charmant-e encore moins, ce sont des l&eacute;gendes. Pourquoi ruiner notre vie, attendre, d&eacute;cevoir, pleurer, pour des l&eacute;gendes&nbsp;?
On dira que j&rsquo;exag&egrave;re, que les gens comprennent vite que tous ces mythes sont des mythes. Moi je dis que ces mythes sont dangereux. Ils trifouillent all&egrave;grement des &eacute;motions tr&egrave;s profondes, ils remuent ce qu&rsquo;il y a de plus douloureux, de plus intime, de plus sensible en nous&nbsp;: l&rsquo;ego, les affects, les besoins de reconnaissance, les peurs de l&rsquo;abandon... Ils suscitent des d&eacute;pendances, des haines, des crampes, des d&eacute;pressions. Ils inspirent des harc&egrave;lements, des suicides, des crimes passionnels. Et m&ecirc;me sans aller jusque l&agrave;, &eacute;norm&eacute;ment de gens passent toute leur adolescence, par exemple, &agrave; croire dur comme fer &agrave; l&rsquo;Amour, et &agrave; en souffrir&nbsp;; ils peuvent en sortir, mais garder d&rsquo;in&eacute;vitables s&eacute;quelles pour des lustres. Une adolescence de souffrance c&rsquo;est d&eacute;j&agrave; trop, rien qu&rsquo;une ann&eacute;e c&rsquo;est d&eacute;j&agrave; trop, cessons d&rsquo;inspirer la foi en un-e Prince-sse charmant-e, ce n&rsquo;est pas &laquo;&nbsp;quand on sera grand-e&nbsp;&raquo; qu&rsquo;on &laquo;&nbsp;comprendra&nbsp;&raquo;, entraidons-nous d&egrave;s maintenant &agrave; &ecirc;tre autonomes et serein-e-s sur le plan affectif.
L&rsquo;art mi&egrave;vre
Deux questions turlupinent la petite Elisabeth. &laquo;&nbsp;Dis Maman, pourquoi dans les histoires &agrave; la t&eacute;l&eacute; c&rsquo;est toujours les gentils qui gagnent&nbsp;?&nbsp;&raquo; Cette question est tr&egrave;s juste et elle m&eacute;riterait des sch&eacute;mas tortueux et des conciliabules approfondis. Mais ici elle nous importe moins que la seconde&nbsp;: &laquo;&nbsp;Dis P&eacute;p&eacute;, pourquoi toutes les chansons &agrave; la radio elles parlent toujours d&rsquo;Amour&nbsp;?&nbsp;&raquo; C&rsquo;est vrai &ccedil;a, l&rsquo;Amour on le chante dans un micro, on le fredonne dans la rue, on en fait des disques d&rsquo;or, Love par-ci, Love par-l&agrave;. &laquo;&nbsp;Mais pourquoi, P&eacute;p&eacute;, les chanteurs ils parlent pas de la mort ou de la mer ou du pouvoir ou de la g&eacute;ologie&nbsp;? Y&rsquo;a tellement de choses &agrave; dire&nbsp;!&nbsp;&raquo; P&eacute;p&eacute; r&eacute;pondra que de toutes ces choses, l&rsquo;Amour est la plus belle, la plus intense, celle qui nous &eacute;branle dans nos entrailles et qui nous fait &eacute;crire des chansons. Certes, notre culture ne nous apprend pas la sensibilit&eacute; aux brises, aux odeurs, aux injustices, elle ne nous offre qu&rsquo;un grand frisson, un seul, qui terrasse tous les autres&nbsp;: l&rsquo;Amour. Tu trouves &ccedil;a juste, Elisabeth&nbsp;? L&rsquo;envie ne te prend-t-elle pas d&rsquo;appeler Jeannine, B&eacute;atrice et Maurice &agrave; la rescousse, et d&rsquo;aller b&acirc;illonner tou-te-s ces romantic love songers, ces p&eacute;p&eacute;s norm&eacute;s, ces Barbie et ces Ken que l&rsquo;on colle &agrave; tes doigts&nbsp;?
Bah, nous ne sommes pas tou-te-s aussi fort-e-s qu&rsquo;Elisabeth, et nous nous laissons entra&icirc;ner par ces douces sarabandes, ces contes mielleux et amers. Difficile d&rsquo;y &eacute;chapper&nbsp;: les dessins anim&eacute;s, les fables, les films, les pubs, les magazines, les romans, les nouvelles, nos potes-sses m&ecirc;me... l&rsquo;Amour nous est racont&eacute; &agrave; tire-larigot. Ces r&eacute;cits d&rsquo;Amour nous construisent, nous flanquent leur culture dans l&rsquo;esprit, nous acculturent, ils nous apprennent &agrave; d&eacute;sirer tous ces mythes. Notre sensibilit&eacute; est construite par eux, en m&ecirc;me temps qu&rsquo;elle les r&eacute;clame. Quand nous allons au cin&eacute;ma voir une &laquo;&nbsp;belle&nbsp;&raquo; histoire d&rsquo;Amour, et que nous en sortons troubl&eacute;-e, r&ecirc;veur/euse, nous venons de vivre un peu de cet Amour racont&eacute;, et &agrave; la fois nous venons d&rsquo;int&eacute;grer un peu plus qu&rsquo;il est beau, qu&rsquo;il est grand et que nous avons int&eacute;r&ecirc;t &agrave; y aspirer. Ces films compensent notre mis&egrave;re affective, nous offrant un moment d&rsquo;identification et de catharsis, nous permettant de vivre par procuration ce que nous ne trouverons jamais dans notre existence. A la fois consolateurs et v&eacute;hicules de la culture de l&rsquo;Amour, ils apaisent nos souffrances, nos frustrations, en m&ecirc;me temps qu&rsquo;ils pr&eacute;parent le terrain pour qu&rsquo;elles se renforcent.
Avez-vous remarqu&eacute; comment fonctionnent les r&eacute;cits d&rsquo;Amour&nbsp;? Ce sont toujours les m&ecirc;mes rengaines. Un Prince charmant et une Princesse charmante se rencontrent, l&rsquo;Amour na&icirc;t, malicieux, au coin des regards d&eacute;rob&eacute;s et des situations inattendues. Puis l&rsquo;Amour se joue, c&rsquo;est la phase de s&eacute;duction, l&rsquo;h&eacute;ro&iuml;ne et le h&eacute;ros s&rsquo;approchent, se guettent, se sous-entendent, se m&eacute;sentendent... Suspense... Mais l&rsquo;histoire d&rsquo;Amour finit bien, le Prince et la Princesse se tombent dans les bras, c&rsquo;est l&rsquo;apoth&eacute;ose du Baiser, puis le g&eacute;n&eacute;rique. Et apr&egrave;s&nbsp;? Qu&rsquo;en est-il de la vie post-Baiser&nbsp;? On suppose l&rsquo;Eden amoureux, une image fig&eacute;e, nacr&eacute;e, r&ecirc;v&eacute;e, &laquo;&nbsp;ils v&eacute;curent heureux et eurent beaucoup d&rsquo;enfants&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est pr&eacute;cis&eacute;ment l&agrave;, dans cette cessation du r&eacute;cit, dans ce silence, que s&rsquo;exprime le mythe de l&rsquo;Amour&nbsp;: le bonheur dans l&rsquo;Amour est tellement total qu&rsquo;il ne reste plus rien &agrave; raconter. Les &eacute;preuves dignes d&rsquo;effroi et d&rsquo;attention r&eacute;sident dans la s&eacute;duction&nbsp;; la vie entre Amoureux et Amoureuse, elle, est lisse comme du beurre, exempte d&rsquo;&eacute;preuves, de sursauts, de surprises. A la limite, si elle appara&icirc;t dans ses difficult&eacute;s, elle ne sert que de d&eacute;cor pour que l&rsquo;un-e des conjoint-e se lasse et d&eacute;marre une phase de s&eacute;duction avec quelqu&rsquo;un-e d&rsquo;autre.
Seuls les r&eacute;cits plus &laquo;&nbsp;intellectuels&nbsp;&raquo;, plus difficiles d&rsquo;acc&egrave;s, racontent les obstacles et difficult&eacute;s une fois l&rsquo;Amour d&eacute;clar&eacute;, scell&eacute;&nbsp;: l&rsquo;emprisonnement amoureux, la lassitude et la fin du sentiment Amoureux, la glauquitude de la vie de famille... Dans les magazines mi&egrave;vres, les probl&egrave;mes de la vie post-Baiser sont trait&eacute;s scientifiquement, &agrave; grands renforts de psychologues, comme des anormalit&eacute;s presque m&eacute;dicalisables, des maladies de l&rsquo;&acirc;ge. Mais le registre du r&eacute;cit, celui qui nous fait frissonner, celui qui marque nos &eacute;motions et nos d&eacute;sirs, reste r&eacute;serv&eacute;, lui, &agrave; la vie pr&eacute;-Baiser&nbsp;: l&rsquo;Amour dans le r&eacute;cit &laquo;&nbsp;populaire&nbsp;&raquo; n&rsquo;est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;un soulagement final, un happy end. Ce sch&eacute;ma se r&eacute;percute dans notre caboche, et nourrit le mythe de l&rsquo;Amour, plaqu&eacute; ensuite sur notre r&eacute;alit&eacute;, nos projets et aspirations.
L&rsquo;&eacute;conomie de l&rsquo;Amour
La culture de l&rsquo;Amour fait na&icirc;tre toute une &eacute;conomie de l&rsquo;affection. Car, id&eacute;alisant et rar&eacute;fiant &agrave; la fois les &eacute;changes affectifs, elle cr&eacute;e une mis&egrave;re et donc une demande.
Notre culture id&eacute;alise l&rsquo;Amour. L&rsquo;Amour c&rsquo;est tout, tous les &eacute;changes affectifs r&eacute;unis, tous les biens affectifs d&rsquo;un seul coup. C&rsquo;est une mine, un tr&eacute;sor affectif. L&rsquo;Amour devient donc une forme de relation extr&ecirc;me, r&ecirc;v&eacute;e, d&eacute;sir&eacute;e &agrave; outrance. Quand on ne l&rsquo;a pas, on veut absolument l&rsquo;avoir. Quand on l&rsquo;a, on a une peur absolue de la perdre. Et quand on ne l&rsquo;a plus, on meurt, ou presque.
Mais en m&ecirc;me temps, la d&eacute;finition de l&rsquo;Amour est si pointue, si exigeante... qu&rsquo;on peine &agrave; le rencontrer. Il faut avoir tous les biens affectifs de l&rsquo;Amour &agrave; la fois, ou n&rsquo;en avoir aucun&nbsp;: pas d&rsquo;entre-deux. Il faut entrer dans toutes les cat&eacute;gories sociales pr&eacute;vues pour l&rsquo;Amour. Pas de tendresse sans couple exclusif, pas de couple sans Prince-sse charmant-e, pas d&rsquo;intimit&eacute; sans pacte &eacute;ternel... Or, toutes ces conditions sont tellement restrictives, elles font de nous des &ecirc;tres tellement exigeants, que les possibilit&eacute;s de vivre des &eacute;changes affectifs deviennent rares. L&agrave; commence la mis&egrave;re affective.
C&rsquo;est ainsi que les biens affectifs deviennent des biens de luxe. On leur donne une aura, un &eacute;clat, une valeur compl&egrave;tement exag&eacute;r&eacute;e, en les cuisinant avec des mythes. En m&ecirc;me temps, on les r&eacute;serve &agrave; des situations tellement pr&eacute;cises et totalitaires, qu&rsquo;ils viennent &agrave; manquer. La culture de l&rsquo;Amour encourage leur demande en m&ecirc;me temps qu&rsquo;elle r&eacute;duit leur quantit&eacute; disponible. Elle cr&eacute;e des individus schizophr&egrave;nes, qui se construisent un d&eacute;sir ardent d&rsquo;Amour en m&ecirc;me temps qu&rsquo;il s&rsquo;en construisent une d&eacute;finition trop exigeante. Des &ecirc;tres qui se rendent d&eacute;pendants d&rsquo;un id&eacute;al en m&ecirc;me temps qu&rsquo;ils se le rendent inaccessible. &laquo;&nbsp;Si je n&rsquo;ai pas tout cela &agrave; la fois, je n&rsquo;ai rien, je ne suis rien&nbsp;&raquo;.
L&agrave; o&ugrave; il y a une &eacute;conomie, une raret&eacute;, une mis&egrave;re, le capitalisme se pr&eacute;cipite. Il d&eacute;barque d&rsquo;abord avec tous ses principes, repr&eacute;sentations, comportements. La raret&eacute; d&rsquo;un bien inspire &agrave; tou-te-s la peur d&rsquo;en manquer, la comp&eacute;tition pour l&rsquo;acqu&eacute;rir, la propri&eacute;t&eacute; pour ne pas le laisser filer.
La comp&eacute;tition affective concerne par exemple la capture du Prince ou de la Princesse charmant-e. Forc&eacute;ment. Ca ne court pas les rues, des gens si parfaits. On pense avoir identifi&eacute; le sien ou la sienne, mais souvent on regarde autour et on surprend nombre d&rsquo;autres visages tendus vers elle ou lui. Parce que nos crit&egrave;res amoureux, qui nous semblent si intimes et si personnels, ont des racines tr&egrave;s culturelles, et sont partag&eacute;s par plus de monde qu&rsquo;on ne le croit... La/le Prince-sse charmant-e, c&rsquo;est le beau ou la belle de la classe, la star du village... Ou, &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me, le ou la sex-symbol, psalmodi&eacute;-e &agrave; longueur de magazines et d&rsquo;&eacute;missions TV... Il nous arrive m&ecirc;me d&rsquo;envier le/la conjoint-e du/de la sex-symbol, une star &agrave; son tour, mais plus proche de nous autres pauvres aspirant-e-s, star pour avoir gagn&eacute; le sex-symbol, pour avoir grill&eacute; tou-te-s les autres pr&eacute;tendant-e-s, &laquo;&nbsp;quelle chance ille a&nbsp;&raquo;.
La peur de la mis&egrave;re affective, elle, m&egrave;ne &agrave; toutes les d&eacute;clinaisons possibles de la propri&eacute;t&eacute; affective... Possessivit&eacute;, jalousie, d&eacute;pendance... &laquo;&nbsp;Elle est &agrave; moi, tu ne l&rsquo;auras pas... Si tu la gagnes je me retrouve seul... A moins que j&rsquo;aie un plan de remplacement, telle autre par exemple, je sais que je lui plais bien, heureusement parce qu&rsquo;alors la solitude affective c&rsquo;est la mort&nbsp;&raquo;. Le Prince ou la Princesse charmant-e-s sont des oiseaux rares qu&rsquo;on met en cage. Des fois on se poss&egrave;de mutuellement et on reste ainsi, des ann&eacute;es en couple, riv&eacute;es l&rsquo;un-e sur l&rsquo;autre, parce qu&rsquo;on a tou-te-s les deux peur de ce qui se passerait en dehors de cette relation, peur du chemin &agrave; accomplir de z&eacute;ro pour retrouver et s&eacute;duire un nouveau Prince ou une nouvelle Princesse.
Enfin, la raret&eacute; des biens affectifs creuse des foss&eacute;s entre &laquo;&nbsp;poss&eacute;dant-e-s&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;non-poss&eacute;dant-e-s&nbsp;&raquo;. Les exclu-e-s de l&rsquo;affection sont l&eacute;gion, exclu-e-s par leur physique, par leur manque d&rsquo;exp&eacute;rience, leur manque d&rsquo;aisance, leur manque de confiance en soi, face &agrave; cet enjeu &eacute;norme et complexe qu&rsquo;est l&rsquo;acc&egrave;s &agrave; l&rsquo;Amour... On peut dire qu&rsquo;illes manquent de capital affectif. Et comme dans tout syst&egrave;me de domination, moins on a de capital, moins on a de chances d&rsquo;en gagner&nbsp;: c&rsquo;est un cercle vicieux. Les exclu-e-s de l&rsquo;affection manquent d&rsquo;assurance au d&eacute;part, donc vivent peu d&rsquo;exp&eacute;riences affectives, donc n&rsquo;ont jamais l&rsquo;occasion de gagner de l&rsquo;assurance, donc restent handicap&eacute;-e-s, &agrave; moins d&rsquo;une rencontre de type miraculeux.
Paradoxalement, et injustement, ce sont souvent les exclu-e-s de l&rsquo;affection qui int&egrave;grent plus que tou-te-s les autres les mythes dominants et les comportements du capitalisme affectif. Leur manque de v&eacute;cu ne leur permet pas de d&eacute;truire les mythes de l&rsquo;Amour, de comprendre leur absurdit&eacute;. Trop habitu&eacute;-e-s au manque, illes ont la terreur de perdre la moindre once d&rsquo;affection acquise. On les oublie vite et les retrouve parfois dans les faits divers, d&eacute;pressions, viols, internements, p&eacute;tages de plombs divers et vari&eacute;s... La mis&egrave;re affective ass&egrave;che le moral et affame les nerfs.
N&rsquo;oublions pas que la mis&egrave;re affective n&rsquo;est qu&rsquo;une construction sociale, n&eacute;e de la culture de l&rsquo;Amour.
L&agrave; o&ugrave; il y a une raret&eacute;, il y a une demande, et donc un nouveau march&eacute;. L&agrave; le capitalisme d&eacute;barque, cette fois, assoiff&eacute; de profits, tirant avantage de la morale Amoureuse, comme d&rsquo;autres morales. Vous d&eacute;sirez du produit affectif&nbsp;? En voici des succ&eacute;dan&eacute;s, moyennant finances&nbsp;: pornographie, prostitution, psychoth&eacute;rapies, poup&eacute;es gonflables... L&rsquo;argent est un bon raccourci. On ne peut acheter l&rsquo;Amour, bien s&ucirc;r, parce qu&rsquo;alors on tuerait l&rsquo;id&eacute;al de l&rsquo;Amour et ses produits d&eacute;riv&eacute;s, mais on peut acheter tous ces biens affectifs partiels, isol&eacute;s, sp&eacute;cifiques, que la culture de l&rsquo;Amour rassemble et enferme dans ses mythes. De l&rsquo;attention, de l&rsquo;&eacute;coute, de la tendresse, du sexe, en voici des succ&eacute;dan&eacute;s.
Comment acc&eacute;der aux biens affectifs&nbsp;? C&rsquo;est la question que tout le monde se pose. Nous avons 4 r&eacute;ponses possibles face &agrave; nous.
1) Souscrire aux crit&egrave;res de l&rsquo;Amour. Devenir un-e Prince-sse charmant-e et trouver son/sa Prince-sse charmant-e. S&eacute;duire. Mais cette voie est r&eacute;serv&eacute;e aux puissant-e-s, aux jeunes, aux belles et beaux, aux confiant-e-s, aux exp&eacute;riment&eacute;-e-s. Elle est complexe et s&eacute;lective.
2) Acheter les succ&eacute;dan&eacute;s de biens affectifs. L&rsquo;argent est quand m&ecirc;me un outil plus facile que toutes ces entreprises de s&eacute;duction, si compliqu&eacute;es et si hasardeuses. Le probl&egrave;me, c&rsquo;est que l&rsquo;argent il faut le trouver... Faire partie des classes &eacute;conomiquement dominantes, et/ou &ecirc;tre pr&ecirc;t-e &agrave; se vendre sur le march&eacute; de l&rsquo;exploitation salariale... Mais apr&egrave;s tout, l&rsquo;argent est la solution de rechange la plus facile, dans une soci&eacute;t&eacute; qui nous pousse de toutes ses forces dans le travail r&eacute;mun&eacute;r&eacute;, et qui nous encourage &agrave; r&eacute;soudre nos probl&egrave;mes de mani&egrave;re individuelle.
3) S&rsquo;adonner &agrave; la violence, le chantage, la menace, le viol. Un autre raccourci qui demande d&rsquo;autres habilet&eacute;s, que beaucoup choisissent, et qui fait des ravages.
4) Soigner le probl&egrave;me &agrave; sa racine&nbsp;: d&eacute;truire la culture de l&rsquo;Amour et r&eacute;pandre l&rsquo;abondance affective qu&rsquo;elle garde captive. Se lancer individuellement, collectivement, socialement, dans une d&eacute;construction des normes relationnelles. C&rsquo;est la solution en laquelle je crois.
Les biens affectifs sont disponibles en quantit&eacute;, ils sont l&agrave;, ils existent&nbsp;! Nous regorgeons de ressources affectives, nous r&ecirc;vons tou-te-s d&rsquo;en donner et d&rsquo;en go&ucirc;ter, il ne tient qu&rsquo;&agrave; nous de le faire&nbsp;! La raret&eacute; des biens affectifs est une illusion, un d&eacute;cret qu&rsquo;il suffit de d&eacute;chirer, elle est aussi fausse que la raret&eacute; des biens mat&eacute;riels, mont&eacute;e de toutes pi&egrave;ces par le syst&egrave;me capitaliste pour sanctionner ceux et celles qui refusent de travailler pour les poss&eacute;dant-e-s.
Gratuit&eacute; des biens affectifs&nbsp;! Pour une affection abondante, &eacute;galitaire, sans dominations. Pour une pornographie live, pour des psychoth&eacute;rapies gratuites, pour la fin des sp&eacute;cialisations, des professionalisations de l&rsquo;&eacute;coute et de la sexualit&eacute;. Pour bannir un jour les rapports spectaculaires-marchands de nos vies affectives comme du reste de notre existence. Le plus t&ocirc;t sera le mieux&nbsp;!
Quelques propositions pour une abondance affective&nbsp;: 
<img width="8" height="11" alt="-" src="http://infokiosques.net/puce.gif" />&nbsp; Construire des relations affectives uniques, conscientes et particuli&egrave;res, au-del&agrave; de toute norme relationnelle, aussi diverses que les individus qu&rsquo;elles impliquent et leurs envies.
<img width="8" height="11" alt="-" src="http://infokiosques.net/puce.gif" />&nbsp;R&eacute;pandre et banaliser les relations affectives, plut&ocirc;t que de les sacraliser.
<img width="8" height="11" alt="-" src="http://infokiosques.net/puce.gif" />&nbsp;Envisager la non-exclusivit&eacute;, ce qui ne veut pas dire consommer nonchalamment les partenaires les un-e-s apr&egrave;s les autres, mais se laisser la possibilit&eacute; de d&eacute;couvrir petit &agrave; petit une diversit&eacute; de relations affectives &eacute;galitaires, pourquoi pas simultan&eacute;es, en &eacute;tant tr&egrave;s tr&egrave;s conscient-e qu&rsquo;en l&rsquo;&eacute;tat actuel des choses &ccedil;a veut dire se lancer dans une exp&eacute;rimentation, et que &ccedil;a implique d&rsquo;autant plus d&rsquo;attention et de qualit&eacute; de communication entre les exp&eacute;rimentateurices.
<img width="8" height="11" alt="-" src="http://infokiosques.net/puce.gif" />&nbsp;Cesser de dire &laquo;&nbsp;je suis amoureux-se de toi&nbsp;&raquo;, dire plut&ocirc;t &laquo;&nbsp;je suis d&eacute;pendant-e de toi&nbsp;&raquo;.
<img width="8" height="11" alt="-" src="http://infokiosques.net/puce.gif" />&nbsp;Arr&ecirc;ter de parler d&rsquo;Amour et d&rsquo;amiti&eacute;, choisir des termes plus pr&eacute;cis.
<img width="8" height="11" alt="-" src="http://infokiosques.net/puce.gif" />&nbsp;Rajouter de l&rsquo;acn&eacute; et du bide aux ic&ocirc;nes des Prince-sse-s charmant-e-s.
<img width="8" height="11" alt="-" src="http://infokiosques.net/puce.gif" />&nbsp;Parler aux enfants d&rsquo;autres formes affectives que l&rsquo;Amour.
<img width="8" height="11" alt="-" src="http://infokiosques.net/puce.gif" />&nbsp;Se d&eacute;construire tout doucement tout progressivement.
<img width="8" height="11" alt="-" src="http://infokiosques.net/puce.gif" />&nbsp;D&eacute;velopper l&rsquo;autonomie affective, ce qui ne veut pas dire se renfermer sur soi-m&ecirc;me, mais varier et multiplier les sources d&rsquo;affection (moments privil&eacute;gi&eacute;s avec des ami-e-s ou avec soi-m&ecirc;me, c&acirc;lins, massages, auto-sexualit&eacute;,...), pour se relationner aux autres sans peurs et d&eacute;pendances, sur des bases plus assur&eacute;es et ouvertes.


Chop&eacute; sur http://infokiosques.net/
]]></description>
	<link>http://keru.zeblog.com/294645-contre-l-39-amour/</link>
	<author>Keru</author>
	<pubDate>Tue, 12 Feb 2008 20:45:00 +0100</pubDate> 
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	<title>Amour</title>
	<description><![CDATA[
 Source Indymedia Polyamour     		            Le long texte qui suit est extrait du site de l'association Polyamour(1) que nous remercions et félicitons pour la qualité des pages.  Des paragraphes ont été découpés, complétés, corrigés, ajoutés, retitrés pour les rendre plus digestes, plus complets.                  			          1°)Dire la vérité  Les relations durables sont basées sur l'honnêteté. L'honnêteté n'est pas difficile et devient une habitude. Dites la vérité... si votre relation ne peut pas surmonter cela (mais elle le peut très probablement), elle n'est pas bonne pour vous .  Dire la vérité est plus simple que de mentir, le contraire n'est que mensonge&nbsp;: mentir, c'est du travail&nbsp;!&nbsp;! Ca peut devenir pesant et vous isoler. Les petits mensonges isolent (et en nourrissent de plus grands). Ne demandez pas à un amant de mentir à d'autres amants ou de leur tenir des choses secrètes...  Les secrets nourrissent la méfiance , créent des murs et découragent toute tentative d'intimité. Faites la différence entre intimité et secret. Résister à la tentation de "protéger" quelqu'un en disant aux autres ce qu'ils veulent entendre. Et spécialement ne feignez pas la tendresse . Si vous n'êtes pas sûr d'aimer, dites non. Si vos relations ne sont pas une priorité dans votre vie , dites-le. Encouragez l'honnêteté chez les autres. Par dessus tout&nbsp;: Soyez honnête envers vous-même&nbsp;! Êtes-vous à la recherche d'un d'agrément sexuel&nbsp;? Avez-vous projet de construire un lien durable&nbsp;? Voulez-vous fonder un lieu de vie&nbsp;? Préférez-vous vous limiter au moment qui passe&nbsp;?  2°) Apprendre à exprimer  C'est l'art le plus important et parfois le plus difficile à acquérir. Passez des moments de qualité avec vous-même et essayez de découvrir qui vous êtes.  La plupart d'entre nous ne le font jamais.  Apprenez à dire lorsque vous êtes de mauvaise humeur, sur la défensive, déraisonnable, hypersensible ou aveuglé par l'énergie d'une nouvelle relation. ... Connaissez vos limites. Si vous n'êtes pas apte à être un bon ami ou amant pour quelqu'un&nbsp;: dites-le. Découvrez où vous pourriez vous améliorer. Apprenez ce qui est sain pour vous, et ce qui ne l'est pas. Apprenez quand aller vous promener et prendre l'air&nbsp;; les adultes ont besoin eux aussi de coupures. Trouver quelles sont vraiment vos priorités et vivez -les. Si votre vie ne reflète pas vos priorités, changez de vie, pas de priorités&nbsp;!... et ce, dès aujourd'hui, pas dans un hypothétique futur.  3°) Se connaître soi-même  Beaucoup d'entre nous ne voient jamais les schémas psychologiques logiques de leur propre comportement , alors qu'ils sautent aux yeux de tous, comme par exemple choisir le même type d'amant, ou se comporter exactement comme le faisait le père. Ils ne se voient pas. Qu'est-ce que vous ne savez pas de vous&nbsp;? Vous pouvez transformer vos dépendances en préférences et finalement en choix... pour cela , faut-il encore les connaître&nbsp;!  Prenez le temps de découvrir&nbsp;:  • Le bagage de votre enfance  • Le poids de votre dernière relation que vous portez encore  • De quoi vous avez besoin  • Ce que vous voulez, simplement,  • Ce qui actionne vos "leviers" et pourquoi  • Comment vous continuez à vous développer  • Quels compromis vous acceptez  • Quelles sont vos motivations  • Ce qui vous rend jaloux, incertain, ou compétitif  • Où vous allez trop loin  • Vos schémas comportementaux  • Vos points forts et vos faiblesses  • etc....  On en revient encore à l'honnêteté&nbsp;!&nbsp;!  4°) Ne pas se négliger  Faites un travail sur vous-même. " Cultivez votre propre jardin dans votre âme ... n'attendez-pas que quelqu'un d'autre vous apporte des fleurs."  Au lieu d'attendre l'approbation , la satisfaction, ou la joie d'autrui, apprenez à le faire vous-même. Ceci est une aptitude primordiale pour la vie, pas seulement dans les relations. Vous serez toujours à la merci de quelqu'un ... jusqu'à ce que vous appreniez à satisfaire vos propres besoins. Une fois que vous le ferez, vous gagnerez une liberté et une confiance en vous, que personne ne pourra vous enlever. Vous pouvez considérez les gens comme des égaux et choisir de savourer la vie ensemble (au lieu de timidement échanger des besoins dans "une économie émotionnelle mue par la pénurie"). Ironiquement, une personne avec ce genre d'indépendance est très attirante. (Seulement si nous n'en avons pas besoin. Merci&nbsp;!). Prenez le temps de réfléchir à ce sur quoi vous devez travailler et laissez-vous l'espace pour le faire.  5°) S'accepter soi-même  Portez de l'attention à vous-mêmes, soyez bienveillants, aimez-vous, acceptez-vous, pardonnez-vous, respectez-vous, soyez votre serviteur, éduquez-vous, soyez simplement vous-même, et surtout&nbsp;: "laissez du mou&nbsp;!"...Nous sommes tous trop durs envers nous-mêmes. Nos miroirs sont déformants&nbsp;: apprenons à compenser cette distorsion. Apprenons les "premiers secours émotionnels". Mettez vos "déchets émotionnels" en ordre, soyez le numéro un dans votre vie. Travaillez sur votre problématique enfance/parents. Si vous ne faites pas disparaître vos fantômes, c'est eux qui vous feront disparaître. La relation que vous entretenez avec vous-même est la base de toutes les autres.  6°) Possédez vos sentiments  La crainte est ce qui, habituellement, empêche l'honnêteté. Rendez l'honnêteté possible pour les gens en leur évitant qu'elle soit synonyme de risque pour eux.  Soyez en possession de vos sentiments. Personne ne peut vous rendre triste, colérique, ou heureux. Vos émotions vous appartiennent. Elles existent dans votre tête, nulle part ailleurs. Vous en êtes détenteur&nbsp;: ce sont toujours des choix. Acceptez que parfois vous vous sentiez bien ou mal , pour quelque raison que ce soit (pas à cause des gens ou des événements de votre vie).  Si vous rendez quelqu'un responsable pour la façon dont vous vous sentez, vous vous destituez de votre propre pouvoir. Jouer les victimes ou les martyrs n'est qu'une façon de manipuler les gens. Dire&nbsp;: "je te blesse parce que mes parents m'ont blessé", c'est certes reconnaître honnêtement l'émotion, mais agir ainsi, c'est abdiquer, et livrer votre vie aux autres et au passé.  7°) Prenez vos responsabilités  Soyez ici, maintenant. Prenez vos émotions en main et soyez l'auteur de votre vie. C'est vous qui devez prendre la responsabilité de satisfaire vos besoins. (oui, même vos besoins sexuels).  Ne dites pas aux autres&nbsp;: "rends-moi heureux, protège-moi, sauve-moi". Ou alors, dites plutôt "aide-moi à me rendre heureux, aide-moi à me protéger, aide-moi à me sauver." Apprenez à porter de l'attention à vous-même. Les relations représentent du travail. S'il y a des problèmes dans l'une de vos relations, ou si votre vie est un champs de bataille&nbsp;: debout&nbsp;! et prenez votre part de responsabilité ( mais pas plus&nbsp;!) , même si vous pensez que vous ne le méritez pas. Prendre ses responsabilités n'est pas synonyme de se faire des reproches, c'est prendre le contrôle. Rappelez-vous lorsque vous avez quitté le cocon familial... Lorsque vous prenez davantage votre vie en main, vous avez plus de liberté, pas moins.  8°) Encouragez le développement personnel  Rappelez-vous d'appréhender vos amants et vos amis comme des êtres humains... il est étonnamment facile de l'oublier&nbsp;! Encouragez-les dans la poursuite de leur carrière, leur recherche spirituelle, leur formation, leurs ambitions, leur questionnement vital, et ce, à leur rythme et à leur manière.  Aidez-les à comprendre et soigner leurs blessures et à mieux se comprendre eux-même par conséquent. Encouragez-les à se prendre du temps pour eux et laissez-leur l'espace dont ils ont besoin. Aidez-les à observer leurs faiblesses et à développer leur force. Demandez-leur d'en faire de même avec vous, mais en leur disant comment... Ils ne peuvent pas lire vos pensées.  Une façon d'encourager le développement intérieur est de donner à ceux que vous aimez la liberté d'aimer d'autres personnes.  Le développement personnel est parfois difficile seul et sans repères. Nous parlerons bientôt de la thérapie.  9°) Ne fondez pas sur la faiblesse  Certains trouvent les manques émotionnels et la faiblesse chez les autres, très attirants, soit parce que leur propre faiblesse est ainsi minimisée, soit parce qu'ils peuvent jouer un rôle de sauveur ou de protecteur qui leur donne la sensation d'exister et d'être important pour autrui. Ils créent ainsi un lien de dépendance fondé sur une inégalité relative&nbsp;: force/faiblesse et protecteur/protégé. Peut-être croient-ils qu'ils n'existeront plus et qu'ils seront rejetés si leurs amants deviennent forts et autonomes. Ils ont ainsi tendance à maintenir les gens dans la faiblesse et le besoin émotionnel et perpétuent la dépendance "salvatrice" afin de ne pas être abandonnés. Ils oublient que l'amour se fonde sur une relation d'égalité.  Ils sont sans doute généreux, mais posent leurs conditions et .... leurs chaînes&nbsp;! Il ne s'agit pas d'amour inconditionnel (ni probablement d'amour tout court&nbsp;!).  10°) Affrontez vos craintes  L'amour peut être bloqué par des émotions difficiles comme l'insécurité ou la crainte de l'abandon.. Une façon de traiter une émotion bloquante est d'aller à ses devants.  "L'unique issue de secours, c'est&nbsp;: traverser".  Ne la fuyez pas, cela ne fait que la renforcer. Plongez-vous dedans, affrontez-la, examinez-là.  Sentez en vous l'émotion, la jalousie par exemple.. Pourquoi voulez-vous avoir la place de l'autre&nbsp;? est-ce un concurrent&nbsp;? avez-vous à perdre&nbsp;? avez-vous à gagner&nbsp;? suis-je à vouloir posséder l'autre&nbsp;? ai-je confiance en moi et en mon sentiment&nbsp;? suis-je sûr d'une réciprocité&nbsp;?  Ensuite dépassez l'émotion. Votre crainte est bien pire que la réalité&nbsp;!&nbsp;! Faites-en l'expérience et l'émotion perd de son pouvoir et vous grandissez en devenant plus fort. Vous pouvez même utiliser des émotions comme l'insécurité, la tristesse, le vertige, etc... afin d'apprendre sur vous-même. Donnez-leur de votre attention, elles en valent la peine car elles sont une part de vous.  Et vous le valez bien&nbsp;!  11°) Pratiquez le respect  Le respect s'applique à tous, aux gens que nous rencontrons, pairs ou subordonnés.  Il s'applique aussi à ceux qui sont en situation de détresse.  Il s'applique même vis à vie des gens qui sont d'un avis contraire au nôtre, et qui s'opposent&nbsp;!  Honorez les limites et les restrictions des gens. Écoutez lorsque quelqu'un dit "non". Exigez la même chose pour vous. Ne tolérez aucun abus d'aucune sorte. Vous méritez mieux. Soyez polis avec vos partenaires, ils le méritent plus que quiconque dans votre vie. Il est trop facile de considérer les partenaires comme une chose acquise.  Respectez aussi vos engagements.  Prenez des engagements pour un laps de temps limité et pas pour toute la vie. "Tu m'épouses pour une autre année&nbsp;?"... Cela vous aide à rester attentifs.. Essayez de ne pas garder le meilleur de vous-même pour un de vos partenaires, en excluant d'autres partenaires, spécialement lorsque vous êtes tous ensemble ....Traitez-les tous avec les mêmes égards, sinon ils seront offensés.  12°) Acceptez les autres tels qu'ils sont  Les expressions comme "mieux", "le plus", préféré", obligent à comparer et poussent les gens à la compétition&nbsp;: donc il y a un perdant. Trouvez un moyen de faire gagner tout le monde. Respectez les relations ainsi que les gens. Considérez chaque relation comme une entité distincte. Elle peut être saine ou malade. Elle a une forme naturelle&nbsp;; n'essayez pas de la forcer à être autre chose. Trouvez sa forme et laissez-la être ce qu'elle est. Résistez à la tentation d'utiliser une relation pour mettre de l'ordre dans vos idées&nbsp;: un amant n'est pas un radeau de sauvetage&nbsp;! Ou alors, expliquez clairement les termes du contrat d'aide&nbsp;! Et si vous avez besoin d'une thérapie, aller voir un spécialiste.  Il est facile de projeter vos attentes sur les autres. "Il va peut-être changer...". N'essayez pas de forcer quelqu'un à être ce qu'il n'est pas. Les gens sont des "achats forfaitaires"... Acceptez-les pour ce qu' ils sont, faibles et forts, bons et mauvais à la fois, ou bien ne les acceptez pas du tout&nbsp;!  Si vous voulez le respect, tenez vos promesses. Restez fidèles à vos engagements, ne vous chamaillez pas sur le sens des mots en cherchant des échappatoires commodes. Si vous faites un pacte dans la cuisine, respectez-le aussi dans la chambre.  13°) Écoutez la faiblesse  Observez votre force&nbsp;: Elle vous fait découvrir les autres et leurs faiblesses. Que savez-vous des chemins et des enfers vécus&nbsp;? Soyez modeste, vous n'êtes pour rien dans votre puissance. Écoutez, ouvrez-vous, vous avez à apprendre. Ayant appris, vous pourrez comprendre. Mieux aimer. Que savez vous de celui que vous voyez faible&nbsp;? de ses vies antérieures&nbsp;? Vous vivez dans un monde tricheur qui a fait de la force une valeur de référence, mais qui se fonde sur le rapport de force et sur la domination pour masquer des faiblesses qui ont été rendues honteuses. Devant ce que vous voyez comme étant faiblesse, interrogez-vous sur votre ressenti&nbsp;: n'est-il pas honte de votre propre faiblesse cachée&nbsp;? Quel jugement de valeur vous pilote encore&nbsp;?  Quittez tout cela. Fondez sur l'amour. Il est seul à mener à la justice.  14°) Communiquez  Si vous voulez des relations saines, de solides aptitudes à la communication sont requises... elles ne sont pas un luxe&nbsp;!&nbsp;!...Les problèmes commencent habituellement lorsque le dialogue cesse. Des choses, sur lesquelles vous avez travaillé patiemment et avec amour, viennent sur le tapis sans arrêt , même si vous n'êtes pas dans votre bon jour. Avec le temps, ça devient plus facile, mais ça prend du travail et de la volonté pour percer les abcès et abattre les murs. L'aptitude à communiquer est ce qui fait de quelqu'un un bon amant, ou un "cancre".  L'aptitude à se disputer n'est pas une aptitude de communication. Mieux se disputer que quelqu'un ne vous donne pas raison, ça vous rend juste meilleur en dispute&nbsp;! Certaines personnes veulent gagner à tout prix une dispute ... même si cela leur coûte leur relation. En quoi est-ce important pour vous d'avoir raison et de le prouver&nbsp;? à affirmer votre ego&nbsp;? Il est donc si fragile que cela&nbsp;?  15°) Écouter  Écouter est plus important que parler... et plus difficile. Écouter attentivement, pas simplement écouter. Faites contact avec les yeux. Soyez ici maintenant, ne vagabondez pas. Paraphrasez en les résumant les idées de vos interlocuteurs pour voir si vous avez bien écouté.  Prenez conscience de votre vocabulaire et de vos sentiments lorsque vous écoutez. Percevez les émotions d'insatisfaction sans avoir besoin de les maquiller, écoutez les différends sans prendre parti. Soyez réceptifs à la communication non-verbale ... d'habitude , elle parle plus clairement que les mots. Soyez attentifs à la façon dont les gens vous aiment.  Toute discussion n'est pas synonyme de communication. Si vous vous perdez dans la forêt en passant plusieurs fois devant les mêmes balises, vous refaites sans arrêt la même erreur. Prenez conscience de votre ego. Lever la voix et parler avec dureté vous rend plus difficile à comprendre, pas plus facile.  16°) Exprimez-vous clairement  Évitez de dire "toujours" et "jamais" lors d'un différend, ça ne fait que déterrer le passé et ressusciter d'anciennes erreurs. Dites "je" au lieu de "tu"&nbsp;: "Je pense que tu as tort " est plus acceptable que "tu as tort". Exprimez votre ressenti, vos émotions, plutôt qu'un jugement de l'autre. Apprenez à faire la différence entre le jugement d'un acte et son auteur, et à la généralisation implicite et injuste&nbsp;: dire "ce papier est nul" est bien différent de "tu es nul".  Exprimez-vous clairement&nbsp;; les gens ne peuvent pas lire vos pensées. Apprenez à demander ce que vous voulez. Abattez les frontières entre vos sentiments et vos mots. Si vous mettez des limites et des restrictions, communiquez-le. Vérifiez que chacun sache à quoi s'en tenir. Apprenez à désamorcer les disputes. Si nécessaire, apprenez à dire au revoir&nbsp;! On communique mieux par les actions que par les mots. Montrez aux gens que vous les aimez. Partagez la gentillesse, l'affection, les rires.  17°) Soyez positif  Posséder des outils ne suffit pas, encore faut-il les utiliser&nbsp;! Il faut en vouloir&nbsp;!&nbsp;!  Votre disposition d'esprit fera que ça fonctionne ou que ça échoue lamentablement. Évitez les situations ou il y a gagnants et perdants.  Dans votre groupe, prenez les décisions importantes au consensus, à défaut d'unanimité.....  N'allez pas vous coucher en colère, exprimez ce qui vous chagrine. De même, éclairez d'une lumière positive les situations difficiles. Beaucoup de relations s'étiolent à cause de l'énergie négative. Essayez de ne pas transformer les petits accrochages en énormes problèmes.  Cherchez des solutions, pas des coupables&nbsp;! Évitez d'être indirect. Pratiquez la tolérance, la patience, la flexibilité, la générosité, la compréhension, le pardon. Sachez vous excuser. Riez de vous-même. Maîtrisez votre ego&nbsp;: Osez tort. Vous ne pourrez pas apprendre des erreurs commises si vous voulez toujours avoir raison&nbsp;! Et si vous tenez à avoir toujours raison, c'est facile&nbsp;: Il suffit de vous taire quand vous avez tord&nbsp;!  18°) Misez sur l'amitié  Relax ... soyez heureux. Écoutez plus que vous ne parlez. Donnez le dernier mot aux autres. Prenez des raccourcis. Essayez de percevoir les choses du point de vue d'autrui... l'empathie est l'antidote de la colère. Restez calme et rappelez-vous de bien respirer. Détruisez les murs, faites confiance, ouvrez-vous, prenez des risques et permettez-vous d'être vulnérable. Sans vulnérabilité, pas d'intimité. Mettez l'accent sur l'amitié, plus que sur le romantisme. Prenez votre temps. Savourez ce que vous avez au lieu de vous appesantir sur ce que vous n'avez pas&nbsp;! Pratiquez avec honnêteté l'amour inconditionnel.  Partagez, apprenez.  19°) Ouvrez-vous à la thérapie  La thérapie, c'est apporter du soin à un organisme blessé. C'est déjà accepter de reconnaître qu'on a été blessé. Nous avons tout été blessés par la vie, la famille, la société et les privations d'amour. Redécouvrir et réapprendre l'amour naturel est une thérapie.  La thérapie, c'est votre développement personnel, mais avec une aide extérieure, avec donc un "référent" thérapeutique, et des moments de thérapie fixés et définis dans le temps. Le courage de changer a besoin de témoin. Que la personne que vous aurez choisi comme "thérapeute" soit votre camarade ou un spécialiste extérieur, il sera ce "témoin" de votre chemin et vous l'utiliserez comme référence. Un "contrat" entre vous et lui précisera les limites, les outils et les moyens de l'action à entreprendre, les limites et les règles du jeu de la thérapie. Mais votre développement personnel, au nom de la libération émotionnelle, ne vous autorisera pas à transformer votre lieu de vie commun en champ-clos de thérapie non-stop&nbsp;!  20°) Soyez prêts pour l'aventure  L'aventure commence à l'aurore de chaque matin. Soyez prêt. Ne planifiez pas tout. Ouvrez-vous à l'aventure, donnez place à l'imprévu. Ne faites pas de projet sur les autres, vous vous placeriez des œillères. Limitez vos projets sur le temps, il vous restreint. Ayez le nez plus souvent en l'air que sur votre planning. Laissez le temps au temps, respirez le moment qui passe. Que ce soit avec vos amants, les couleurs du couchant ou l'odeur du pain qui cuit, laissez-vous emporter, laissez-vous prendre, lâchez prise. Rendez-vous disponible et réceptif, et montrez-le par votre attitude. Alors seulement vous serez prêt à l'inattendu.  D'après un texte de Brian Frederick, revu, corrigé et complété par Jean HOULMANN &nbsp; COLLECTIF "Les élus, c'est VOUS!"&nbsp;     &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Ciquez ici   
]]></description>
	<link>http://keru.zeblog.com/285029-amour/</link>
	<author>Keru</author>
	<pubDate>Sat, 05 Jan 2008 14:58:00 +0100</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Silence Médiatique sur le massacre du code du travail</title>
	<description><![CDATA[Chop&eacute; sur Indymedia

Eh oui, l'un des faits marquant de l'actualit&eacute; sociale de cette annee 2008 sera peut etre (ou peut &ecirc;tre pas - ca d&eacute;pend de nous tous) l'aboutissement d'un travail de destruction du code du travail entam&eacute; en 2006.

L&rsquo;ordonnance du 12 mars 2007 est sortie dans un silence m&eacute;diatique d&rsquo;autant plus impressionnant que l&rsquo;on &eacute;tait en campagne &eacute;lectorale. Pourtant, 964 pages format A4, des milliers d&rsquo;articles r&eacute;&eacute;crits, recodifi&eacute;s et &hellip;sans table de correspondance pour pouvoir faire la comparaison &hellip;.auraient d&ucirc; pousser les organisations syndicales - qui pourtant ont particip&eacute; aux s&eacute;ances de relecture (m&ecirc;me si &ndash; et d&rsquo;autant plus que- leur avis n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; pris en compte) - &agrave; crier au feu, &agrave; faire et &agrave; faire faire l&rsquo;analyse&hellip;qui est la suivante :

1/ la r&eacute;&eacute;criture ne s&rsquo;est pas faite &agrave; droit constant, certaines dispositions disparaissant, d&rsquo;autres apparaissant, d&rsquo;autres enfin se voient modifi&eacute;es notamment par le changement de comp&eacute;tences (l&rsquo;inspecteur du travail devenant parfois &laquo; autorit&eacute; administrative &raquo; &agrave; d&eacute;finir par d&eacute;cret, les prud&rsquo;hommes disparaissant parfois au profit du &laquo; juge judiciaire &raquo; qui, lui-m&ecirc;me dispara&icirc;t parfois au profit de l&rsquo; &laquo; autorit&eacute; administrative &raquo;)

2/ la technique g&eacute;n&eacute;rale consiste &agrave; transf&eacute;rer le droit du travail du l&eacute;gislatif (parlement) au r&eacute;glementaire (gouvernement) ce qui assure la rapidit&eacute;, l&rsquo;opacit&eacute; et donc l&rsquo;efficacit&eacute; de toutes les r&eacute;gressions. Les r&egrave;glements et d&eacute;crets doivent para&icirc;tre d&rsquo;ici le 1er mars 2008 au plus tard. La lecture de l&rsquo;&eacute;dition Dalloz de juin 2007 montre d&rsquo;ailleurs que les d&eacute;crets d&rsquo;application sont pour une bonne part d&eacute;j&agrave; r&eacute;&eacute;crits puisque une num&eacute;rotation et une correspondance y figurent en annexe.

3/ la d&eacute;p&eacute;nalisation des infractions patronales au droit du travail s&rsquo;y fait notamment par la suppression presque syst&eacute;matique des peines de r&eacute;cidive !

4/ la r&eacute;sultante, ce sont des r&eacute;gressions : toujours plus de libert&eacute; d&rsquo;exploiter pour les employeurs, toujours moins de droits individuels et collectifs pour les salari&eacute;s et des promesses, d&eacute;j&agrave; perceptibles, de r&eacute;gression suppl&eacute;mentaire avec la parution des d&eacute;crets.

Suite et dossier complet ICI

La video d'une interview tout aussi int&eacute;ressante de Gerard Filoche&nbsp;:

http://www.dailymotion.com/video/x3m5ie_gfiloche-le-code-du-travail-est-en_news 

&nbsp;un article r&eacute;dig&eacute; par plusieurs inspecteurs du travail&nbsp;:

http://www.legrandsoir.info/spip.php?article5766
Meilleurs voeux &agrave; tous&nbsp;!  Lorenzo



COLLECTIF &quot;Les &eacute;lus, c'est VOUS!&quot;&nbsp; 

 &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Ciquez ici]]></description>
	<link>http://keru.zeblog.com/284438-silence-mediatique-sur-le-massacre-du-code-du-travail/</link>
	<author>Keru</author>
	<pubDate>Thu, 03 Jan 2008 11:47:00 +0100</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Anarchistes unissez-vous!!</title>
	<description><![CDATA[Anarchistes de tous les lyc&eacute;es : unissez-vous ! ! Cette ann&eacute;e encore les lyc&eacute;ens ont d&eacute;montr&eacute; leur capacit&eacute; &agrave; s'organiser et&agrave; lutter en dehors des cadres conventionnels des partis et des syndicats.Depuis la lutte dite anti-CPE, l'habitude s'est prise un peu partout enfrance de monter des comit&eacute;s de luttes de lyc&eacute;ens autog&eacute;r&eacute;s : le mouvementlyc&eacute;en s'organise de plus en plus et gagne en exp&eacute;rience et en maturit&eacute;... Cependant malgr&eacute; ces &eacute;volutions le mouvement lyc&eacute;en p&egrave;che notamment sur unpoint : le manque d'orientation et d'id&eacute;ologie claire. En effet ceuxd'entre nous qui nourrissent des aspirations r&eacute;volutionnaires sortent biensouvent aigris des AG, aux forts relents de social-d&eacute;mocratie et der&eacute;formisme naus&eacute;abond. C'est pourquoi nous appelons les lyc&eacute;ensANARCHISTES &agrave; se rencontrer et &agrave; s'organiser. Dans la r&eacute;gion Midi-Pyr&eacute;n&eacute;esNord des prises de contacts ont d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; effectu&eacute;es entre lyc&eacute;ens deMontauban, Moissac, Caussade, Castelsarrasin, Agen (47)... Afin de donner une couleur politique &agrave; nos combats, nous autresanarchistes devons diffuser nos id&eacute;es contre le Capitalisme l'Etat et laDomination, pr&ocirc;ner la lutte globale, l'ACTION DIRECTE, l'ABSTENTIONACTIVE... Participons aux comit&eacute;s de luttes pour y d&eacute;fendre nos positions,nos id&eacute;es et proposer nos modes d'actions. Groupons-nous et agissons dansnos villes et nos lyc&eacute;es. Editons notre propagande (journaux, tracts,affiches...), organisons des actions, ouvrons des lieux (espaces-co,locaux...). Mais surtout ne restons pas isol&eacute;s, contactons-nous,coordonnons-nous ! Rencontrons nous lors d'Assembl&eacute;es R&eacute;gionalesnon-d&eacute;cisionnelles afin de nous coordonner, de rester unis et solidairesmais aussi de pr&eacute;server l'autonomie des groupes locaux selon le principedu F&Eacute;D&Eacute;RALISME LIBERTAIRE. C'est organis&eacute;s que nous serons une v&eacute;ritable force R&Eacute;VOLUTIONNAIRERetrouvons nous le SAMEDI 9 F&Eacute;VRIER &agrave; Toulouse au 7, rue St-R&eacute;m&eacute;sy [localde la CNT-AIT] &agrave; 15h pour une premi&egrave;re Rencontre R&eacute;gionale des Lyc&eacute;ensAnarchistes et pour un bilan et perspectives des luttes actuelles. Lecouchage peut &ecirc;tre organis&eacute; sur Toulouse et ses environs pour ceux quiviennent de loin. Il va sans dire que les lyc&eacute;ens n'habitant pas dans lar&eacute;gion Midi-Pyr&eacute;n&eacute;es sont les bienvenus. La lutte est &agrave; nous, organisons la ! ! ! C.L.A.M.82 ( (Comit&eacute; des Lyc&eacute;ens Anarchistes de Montauban 82) Contact :clam82@laposte.net Discussion sur cette r&eacute;union sur le forum Rouge et noir :http://cnt.ait.caen.free.fr/forum/viewtopic.php?t=3489&amp;start=40 _______________________________________________Actualit&eacute; de l'Anarcho-syndicalismehttp://liste.cnt-ait.infohttp://cnt-ait.infoContact@cnt-ait.infoReproduction, diffusion et traductions encourag&eacute;es
BLOG DU COLLECTIF &quot;Les &eacute;lus, c'est VOUS!&quot;&nbsp; 
 Ciquez ici]]></description>
	<link>http://keru.zeblog.com/284278-anarchistes-unissez-vous/</link>
	<author>Keru</author>
	<pubDate>Wed, 02 Jan 2008 17:04:00 +0100</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Vidéo Une femme tabassée par les CRS</title>
	<description><![CDATA[Source: Indymedia

Brutalit&eacute; polici&egrave;re &agrave; Millau le 17/12&nbsp;: vid&eacute;o

Le 17 D&eacute;cembre une militante s'est fait tabasser &agrave; Millau par une poign&eacute;e de CRS . 
Son crime&nbsp;? Elle tenait une banderole. 
voir la vid&eacute;o

VIDEO 
Lundi 17 d&eacute;cembre, en fin de matin&eacute;e, &agrave; l'occasion de la visite du ministre des Transports &agrave; une r&eacute;ception donn&eacute;e aux Halles de Millau, les militants de l'Alternative de Gauche se sont mobilis&eacute;s et ont brandi une banderole sur laquelle &eacute;tait inscrite &laquo;&nbsp;Assez de vitrines&nbsp;!&nbsp;! Nos portefeuilles sont vides&nbsp;!&nbsp;!&nbsp;&raquo;. Cette banderole faisait r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la tr&egrave;s co&ucirc;teuse construction de la Halle du Viaduc alors que plus de 16% des Millavois vivent sous le seuil de pauvret&eacute;.Notons aussi que tous les conseillers municipaux &eacute;taient invit&eacute;s, sauf l'&eacute;lue de l'Alternative de Gauche, V&eacute;ronique Galtier. 
La manifestation se d&eacute;roulait de fa&ccedil;on calme, paisible et dans la bonne humeur jusqu'au au moment ou 8 CRS ont subitement d&eacute;barqu&eacute;, et on tent&eacute; d'arracher la banderole des mains d'une militante de l'Alternative de Gauche, ils ont commenc&eacute; par la bousculer puis l'ont jet&eacute;e &agrave; terre, lui ont donn&eacute; des coups de pieds dans le dos et l'ont tra&icirc;n&eacute;e par terre sur une dizaine de m&egrave;tres. Inconsciente, elle a &eacute;t&eacute; transport&eacute;e d'urgence &agrave; l'h&ocirc;pital. 
Christine Cleizergues, la victime, pressentie comme future t&ecirc;te de liste de l'Alternative de Gauche aux &eacute;lections municipales de Millau en 2008, s'est retrouv&eacute;e &agrave; l'h&ocirc;pital, en &eacute;tat de choc et victime de nombreuses contusions et en arret de travail pour dix jours. 
Son crime&nbsp;? Elle tenait une banderole.
&nbsp;


 BLOG DU COLLECTIF &quot;Les &eacute;lus, c'est VOUS!&quot;&nbsp; 
Ciquez ici
]]></description>
	<link>http://keru.zeblog.com/282605-video-une-femme-tabassee-par-les-crs/</link>
	<author>Keru</author>
	<pubDate>Wed, 26 Dec 2007 17:51:00 +0100</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>LIEU DES EXPLICATIONS</title>
	<description><![CDATA[Lieu des expliquations

Une partie des gens de Groix ne me supporte pas... 

Cet article est d&eacute;di&eacute; &agrave; eux, pour qu'ils puissent dire toutes les critiques qu'ils ont &agrave; me dire...

Pour ce qui est des attaques personnel et des critiques sans fondement, je n'y r&eacute;pondrais plus &ccedil;a commence &agrave; me souler...

Exprimez-vous ci dessous, d&eacute;foulez-vous, tout est permi!

Rien ne sera censur&eacute;.

Pour le reste, les questions intelligentes etc., exprimez vous face &agrave; NOUS, et pas face &agrave; moi, merci.

keru 
]]></description>
	<link>http://keru.zeblog.com/282291-lieu-des-explications/</link>
	<author>Keru</author>
	<pubDate>Mon, 24 Dec 2007 19:56:00 +0100</pubDate> 
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