OAXACA Nouvelles du mouvement

Par Keru :: 26/02/2007 à 20:10 :: Oaxaca

*Exposé des OIDHO à l'assemblée de l'APPO des 10 et 1 1 février*

"Notre lutte ne doit jamais se faire au profit des hommes qui servent le
pouvoir et l'argent. Nous ne devons jamais charger de notre libération un
homme ou un groupe d'hommes, mais être capables, en tant que peuple
pauvre, d'arracher aux puissants et aux riches tous nos droits."
Ricardo Flores Magón

EXPOSÉ

présenté par les Organisations indiennes des droits de l'homme dans
l'Oaxaca (OIDHO), un membre fondateur de l'APPO et des membres de COMPA,
de Promotora-Oaxaca et de l'AMZ ainsi que des adhérents à l'Autre
Campagne, réunis dans le cadre de l'Assemblée de l'Oaxaca de l'APPO
(Assemblée populaire des peuples de l'Oaxaca),

les 10 et 11 février 2007.

PREMIÈRE PARTIE : ANALYSE DE L'ÉTAT D'OAXACA

Nous avons déjà dit ailleurs que le mouvement surgi des entrailles du
peuple de l'Oaxaca et qui s'est incarné dans l'APPO n'est pas apparu
subitement en 2006, comme surgi du néant, mais que l'on peut affirmer au
contraire que les origines du mouvement des peuples de l'Oaxaca remontent
au moment même de l'invasion espagnole. Il a en outre connu plusieurs
crises et s'est illustré par des soulèvements armés répétés qui ont
maintes fois obligé le système capitaliste occidental à opérer des
changements politiques, économiques et sociaux.

La crise actuelle qui s'est emparée du système capitaliste et de son
rejeton, le néolibéralisme, est due à la résistance historique que lui a
opposée le peuple opprimé pendant des siècles : c'est donc la réponse des
"autres", cette autre culture qui se refuse à être rayée de la carte, "le
Mexique profond" nommé par Guillermo Bonfil Batalla*. Quand nous disons
que la lutte que mène le peuple de l'Oaxaca est celle de ceux qui
possèdent une autre vision du monde -- non occidentale --, c'est parce que
70 % de ceux qui vivent aujourd'hui dans cet État se revendiquent les
héritiers originels du territoire, de la culture et de l'organisation
sociopolitique des peuples que les colonisateurs espagnols ont réduits en
esclavage et que les colonisateurs d'aujourd'hui veulent continuer
d'opprimer.

Un simple coup d'oeil sur les colonias, les banlieues pauvres d'Oaxaca, la
capitale, sans même parler de l'ensemble de cet État, suffit pour
comprendre que notre manière de nous organiser est restée quasi intacte à
travers les temps et qu'il ne fait aucun doute qu'elle ait profondément
imprégné la structure même de l'organisation de l'APPO.

Sur les plus de 200 conseillers de l'APPO, seule une poignée de dirigeants
d'organisations sociales a cherché à imposer, par ambition personnelle ou
sous l'influence de la culture dominante, un autre type d'organisation,
autrement dit une structure verticale dotée d'une direction composée d'un
nombre réduit de membres autodésignés ou de ce que nous, nous appelons
"autonomination mutuelle" (moi, je te propose pour un poste, et toi tu me
proposes à moi).

Quant aux causes du conflit dans l'Oaxaca, différentes visions
s'affrontent, qui sont les suivantes :

Les "immédiatistes" affirment que les causes de ce mouvement sont à
rechercher dans la répression déclenchée le 14 juin 2006 contre les
enseignants et les organisations de la Plate-Forme [Promotora] pour
l'unité nationale contre le néolibéralisme (dans sa version Oaxaca) lors
de l'occupation du centre historique d'Oaxaca commencé le 22 mai de la
même année. Une autre vision tout aussi simpliste pense que cela est dû au
fait que le gouvernement d'Ulises Ruiz Ortiz n'est pas parvenu à réfréner
les demandes sociales des enseignants, des organisations sociales et des
communautés de l'Oaxaca et que la répression du 14 juin ne fit que mettre
le feu aux poudres.

Une troisième vision, la nôtre, envisage les choses autrement : nous
pensons (comme nous l'avons toujours dit, en tant qu'organisation
indigène) que la lutte de nos peuples a démarré il y a très longtemps,
depuis toujours, mais qu'elle n'avait pas pu prendre cette forme et
atteindre la catégorie de mouvement social avant la dernière étape
récente.

Auparavant, nos luttes ont toujours été isolées et le gouvernement a tout
fait pour qu'elles le continuent de l'être. Quand le PRI gouvernait cet
État, le plus grand "pompier", jusqu'à récemment, ce fut l'actuel
président du tribunal supérieur de justice, Héctor Anuar Mafud Mafud, qui
fut pendant deux mandats présidentiels successifs chargé de la politique
intérieure en qualité de secrétaire général de ce département pour
l'Oaxaca. Mafud parvenait systématiquement à repousser à plus tard les
conflits, jusqu'à ce qu'un jeune cadre inexpérimenté -- dont le seul mérite
était d'avoir porté les valises d'Ulises Ruiz -- soit nommé à sa place. Non
content de ne pas savoir éteindre les incendies, il jeta de l'huile sur le
feu. Une telle manière de gouverner ne pouvait provenir que d'un esprit
autoritaire et fondamentaliste protestant comme celui d'Ulises Ruiz, qui
accorda des postes clés de la fonction publique à des courtisans
incapables de résoudre les innombrables conflits dans cet État. Il arriva
donc ce qui devait arriver.

La lutte se poursuivait en de nombreux points de l'Oaxaca, mais toujours
de façon isolée, et elle se soldait par toujours plus de prisonniers
politiques, de violations des droits humains, de spoliations de terres et
des ressources naturelles, d'autoritarisme, d'exode migratoire, d'extrême
pauvreté, d'assassinats, de massacres et d'injustice infinie.

En dépit de l'injustice qui régnait dans cet État, les gouvernements PRI
successifs continuaient de singer la démocratie, réalisant de prétendues
élections au niveau de l'Oaxaca qui ne faisaient qu'entériner le
caciquisme qui maintenait au pouvoir les députés des assemblées locales et
fédérales, les sénateurs, les gouverneurs et bien entendu les maires des
principaux chefs-lieux de districts dans lesquels est divisé l'Oaxaca,
dans le but de perpétuer le contrôle politique qu'ils exerçaient.

Ces caciques régionaux placés sous la supervision d'un haut fonctionnaire
chargé de leur coordination, poste inventé au mépris de la Constitution
par l'ex-gouverneur Heladio Ramírez López, étaient appelés DÉLÉGUÉS DU
GOUVERNEMENT (ou vice-gouverneurs). Ils avaient ainsi les mains libres
pour s'enrichir en faisant jouer leurs liens avec le gouvernement de
l'Oaxaca, s'appropriant des meilleures terres et des ressources naturelles
et fondant des commerces de toutes sortes (bois, commerces, bétail, café,
etc.) Nombre d'entre eux n'hésitaient pas à recruter des tueurs à gages
(des paramilitaires) pour éliminer les opposants gênants. Leur impunité et
cette alliance contre nature avec le pouvoir local avait évidemment un
prix : il s'agissait qu'aux élections, tant municipales et régionales
qu'au niveau de l'État, ils fournissent leur contingent de votes en faveur
du PRI.

Lors de la dernière vague de répression lancée contre le mouvement social
de l'APPO, le gouvernement d'Ulises Ruiz recourut aux services de ces
paramilitaires, avec les résultats que l'on sait.

DEUXIÈME PARTIE : DE L'EXPULSION DES MANIFESTANTS DU 14 JUIN À LA
RÉPRESSION MASSIVE DU 25 NOVEMBRE 2006

Vingt jours après l'expulsion manu militari du 14 juin, un dialogue en
plusieurs points fut entamé avec le SEGOB (Secretaria de Gobernación, le
ministère de l'Intérieur), ne débouchant sur aucun résultat pour les deux
parties, en raison de positions totalement antagoniques et
inconditionnelles. Le SEGOB proposait des réajustements économiques et une
réforme de l'État, mais la tête d'Ulises Ruiz était intouchable. De son
côté, l'APPO exigeait la destitution d'Ulises Ruiz comme préalable à toute
négociation. Carlos Abascal, ministre de l'Intérieur, finit par se perdre
dans le labyrinthe de la fraude électorale de l'élection présidentielle
qui a vu s'imposer Felipe Calderón, tandis que le PRI tirait parti de
cette fraude pour renforcer ses propres intérêts, notamment le maintien
d'Ulises Ruiz à son poste de gouverneur.

L'APPO tenta de prolonger le dialogue jusqu'à l'investiture de Calderón,
sans y parvenir cependant car la "coalition" du PAN et du PRI avait déjà
pris la décision de déclencher la répression contre le mouvement de l'APPO
le 25 novembre, une semaine avant cette investiture.

Une division s'était opérée au sein de la Commission unique de négociation
de l'APPO dès le début des négociations avec le SEGOB, les dirigeants du
syndicat enseignants se livrant à toutes sortes de manoeuvres afin que
cette négociation puisse avoir lieu à tout prix (et renonçant à exiger la
destitution d'Ulises Ruiz), mais les bases de leur syndicat ont refusé de
les suivre sur ce point. La position de ces dirigeants enseignants devint
manifeste dès l'ouverture de la première table de négociation, quand il
refusèrent de laisser participer l'évêque Samuel Ruiz, cette fois-là et en
trois autres occasions, menaçant de rompre avec l'APPO si Samuel Ruiz
finissait par participer au dialogue. Finalement, là encore, les bases du
syndicat enseignant obligèrent leur direction à accepter la participation
de Samuel Ruiz.

Entre-temps, la plupart des dirigeants enseignants (pas tous, cependant),
avaient fourni d'innombrables efforts pour que leurs bases leur accordent
toute liberté de négociation, ce qui fait qu'au bout du compte, à travers
une "consultation" jouant sur la fatigue et la fragilité de certaines
positions, en particulier celles des régions de l'Isthme et du bassin de
Papaloapam, ils réussirent à avoir carte blanche.

C'est ce qui explique que, quatre jours avant l'invasion d'Oaxaca par la
PFP, ces dirigeants enseignants ont présenté, conjointement à la SERAPAZ
(qui s'est finalement rendue à la position d'Enrique Rueda) et au FPR,
leur revendications en bloc au SEGOB sans l'accord ni de la majorité des
membres de la commission de l'APPO, ni des organisations sociales, ni des
colonias, ni du peuple en général, qu'ils tançaient de casseurs (litt. :
tira-piedras, "lanceurs de pierres").

TROISIÈME PARTIE : CEUX QUI N'ONT PAS NÉGOCIÉ

Nous, les organisations, les communautés, les femmes et les hommes
indigènes et non indigènes qui avons connu la prison, subi la torture et
la violation de nos droits fondamentaux, dont des enfants, des frères et
soeurs, des parents et des compañeros ont été assassinés et qui vivons dans
l'extrême pauvreté et l'injustice infinie, nous avions ardemment désiré
une lutte de telles proportions pour enfin pouvoir envoyer un message
retentissant au système et à ses décideurs. À savoir : que nos peuples et
nos cultures ne sont pas de simples ruines archéologiques et que nous ne
sommes pas des fossiles vivants, mais que nous avons jalousement et
soigneusement préservé, pendant toutes ces années, la rage et la dignité
que nous avons exprimées dans notre rébellion, en tribut à nos morts et à
l'histoire de notre oppression.

C'est ainsi que l'a compris le peuple, qui s'est battu de bien des façons,
des marches nombreuses au sang qu'il a versé lors de l'attaque bestiale
dans le cadre de la répression lancée par le gouvernement de l'Oaxaca et
par le gouvernement fédéral... Aussi n'a t-il JAMAIS demandé à négocier en
acceptant que le plus grand criminel qu'ait connu cet État reste au
pouvoir, régnant sur ses victimes, son maintien en poste ne pouvant être
interprété que comme une trahison du plus grand nombre qui transformerait
en vérité les mensonges constamment déversés par le gouvernement,
c'est-à-dire que les dirigeants ne cherchent toujours que leur propre
profit ou celui d'un petit groupe et que la seule chose qu'il suffit de
faire pour les amadouer est d'y mettre le prix.

La conséquence la plus funeste pour notre mouvement serait qu'à court ou
moyen terme la majorité de la population qui avait soutenu cette lutte
sombre dans le découragement, dans le scepticisme et dans le pessimisme et
en vienne à perdre toute confiance en ceux qui d'une certaine manière ont
pris la tête de ce mouvement et l'ont parfois payé cher tout au long de
cette lutte, ayant été emprisonnés ou assassinés.

Il est donc impossible d'accorder quelque légitimité que ce soit aux
assassins qui nous gouvernent.

QUATRIÈME PARTIE : L'APPO N'EST PAS UNE PLATE-FORME ÉLECTORALE

En vertu de tout ce que nous venons de dire, il nous est absolument
impossible de soutenir les positions qui voudraient convertir l'APPO en
une paisible plate-forme de lancement pour leurs candidatures de députés,
sous les applaudissements de l'oppresseur assassin.

Curieuse coïncidence, de la droite autoritaire à la "nouvelle" gauche, en
passant par les vieilles gauches, y compris les staliniens, tout ce beau
monde réclame un siège dans le congrès que nous avions dissous.
Maintenant, ils veulent participer aux élections organisées par un
gouvernement et par un Institut électoral fédéral dont nous ne voulions
plus rien savoir. Maintenant, ils concluent des accords dans des réunions
au sommet en cachette de la majorité de l'APPO et du peuple. Mais ils vont
plus loin : ils ont hautainement déclaré que l'APPO, c'est du passé, mais
cela ne les empêche pas de vouloir que l'APPO leur serve de plate-forme et
que ce soit ses membres qui se chargent de leurs campagnes électorales.
Maintenant, ils voudraient se débarrasser du tyran par la voie
d'institutions décomposée qui ont trahi non seulement le peuple de
l'Oaxaca mais le peuple mexicain tout entier. Maintenant, ceux et celles
qui, grâce à notre mouvement, se sont fait entendre à la radio, lors de
conférences de presse et à l'occasion de discours, et qui ont divulgué
leur nom et leur appartenance -- et ce, soit dit en passant, contrairement
aux accords pris au sein de l'APPO -- voudraient se servir de leur renommée
et de la bannière qu'ils ont élevée pour être candidats et candidates aux
élections, oubliant qu'ils n'ont pu se faire connaître qu'à cause de la
lutte de centaines de milliers de femmes et d'hommes qui ont risqué et
même perdu leur vie pour changer véritablement les choses dans l'Oaxaca.

Il est donc impensable de former une alliance avec ces forces politiques
prétendument d'"opposition", alors que tout le monde a été témoin du rôle
absolument indigne qu'elles ont joué -- notamment le tristement célèbre PRD
d'Oaxaca -- au cours des derniers mois, tournant le dos à la juste lutte du
peuple organisé au sein de l'APPO, à tel point qu'elles ont réclamé, aux
côtés des différents partis au pouvoir, la répression de notre mouvement
en envoyant la PFP.

Compañeros et compañeras, nous, les femmes et les hommes rassemblés dans
l'OIDHO, nous connaissons parfaitement le traitement réservé par
gouvernements, partis, candidats et députés aux peuples indigènes. Nous
avons souffert dans notre propre chair leur autoritarisme, leur trahison
et leur mépris profond envers nos cultures.

Nous savons la peur qu'ils éprouvent envers la démocratie authentique qui
s'exprime dans les assemblées de nos communautés et dans notre notion de
service rendu au peuple au lieu de s'approprier des postes rémunérés.

Nous savons aussi combien ils convoitent nos terres, notre eau, nos
forêts, nos régions, et nos esprits au nom du progrès et au nom de la
démocratie. C'est pour cela que nous nous sommes organisés de manière
indépendante depuis plus de quinze ans.

C'est pour cette raison que nous avons tout risqué pour encourager une
alliance d'organisations et de peuples qui a fini par prendre la forme de
l'APPO. C'est pour cette raison que nous avons insisté sur la nécessité de
consolider nos assemblées, nos communes et nos régions, sur les barricades
et dans les colonias, dans les bases démocratiques des organisations
sociales et des syndicats enseignants, et de renforcer ce grand mouvement
au lieu de nous dévoyer dans les artifices du pouvoir, un pouvoir qui est
tout sauf "populaire", tout sauf "révolutionnaire", tout sauf
"démocratique". C'est pour cette raison que nous risquons tout à nouveau
pour dire ces quelques vérités, sans détours et sans crainte.

Des communautés les plus marginalisées de la zone de la côte, de la sierra
Sud et des vallées centrales, nous appelons toutes les organisations de
base de l'APPO, tous les peuples indigènes, tous les habitants des
colonias, tous les étudiants, tous les barricadiers et toutes les femmes
courageuses à ne pas tomber dans le piège de ceux qui n'apprennent jamais
rien des événements et à soutenir les propositions suivantes,

QUI SERONT SOUMISES À L'ASSEMBLÉE DE L'OAXACA DE L'APPO :

1. Aucun membre du conseil de l'APPO ne pourra être candidat à un siège de
député ou de maire ;

2. Quiconque voudrait se porter candidat à un siège de député ou de maire
sera automatiquement exclu du conseil de l'APPO ;

3. Les organisations qui voudraient présenter des candidats aux élections
ne pourront le faire au nom de l'APPO ;

4. Afin de promouvoir un "vote de punition" aux élections de juillet 2007,
on encouragera la formation d'assemblée de base ainsi que d'assemblées
communautaires, municipales et régionales dans le but de se mettre
d'accord sur la stratégie à suivre, mais PAS pour présenter des candidats
au nom de l'APPO ;

5. L'APPO réaffirme ses principes d'organisation plurielle de lutte
pacifique populaire et d'enseignants dépourvue d'une structure
hiérarchique ;

6. L'APPO poursuivra son processus d'organisation et de consolidation par
le bas, en tant que mouvement social luttant contre les dictatures
néolibérales et pour les droits fondamentaux des peuples ;

7. L'APPO réaffirme ses principales revendications :

-- Destitution d'Ulises Ruiz Ortiz et dissolution des pouvoirs dans
l'Oaxaca ;
-- Libération de tous les prisonniers politiques incarcérés sous le mandat
d'Ulises Ruiz Ortiz et auparavant ;
-- Présentation en vie des disparus ;
-- Annulation de tous les mandats d'arrêt fabriqués par les "autorités"
bâtardes à l'encontre des membres de l'APPO et autres citoyens et
citoyennes qui mènent une juste lutte pour la restauration des garanties
constitutionnelles et contre les dictatures néolibérales ;
-- Arrêt immédiat de la répression dont le peuple de l'Oaxaca est victime.

8. L'APPO s'allie au niveau national et international avec les mouvements
populaires et pluriels de lutte sociale conformément aux décisions prises
par ses assemblées, mais elle ne formera AUCUNE ALLIANCE avec des partis
politiques, légalement déclarés ou non.

Voilà nos propositions, Compañeras et Compañeros. Nous pensons que c'est
seulement de cette manière que nous pourrons être cohérents avec
nous-mêmes et faire route aux côtés du peuple de l'Oaxaca dans cette lutte
pour un Mexique de démocratie, de justice et de liberté.

Pour terminer, nous tenons à rappeler que l'APPO a pour principe de
prendre ses décisions et accords PAR CONSENSUS et non à la majorité.

Merci de votre attention. Recevez notre salut fraternel.

VIVE L'APPO !
VIVE LA LUTTE DES PEUPLES DE L'OAXACA !
VIVE LA LUTTE DES PEUPLES DU MEXIQUE !
LIBERTÉ POUR LES PRISONNIERS POLITIQUES !
DEHORS LE MAUVAIS GOUVERNEMENT !
ASSEZ DE RÉPRESSION ET DE MISÈRE CHEZ LES PEUPLES INDIGÈNES !
LA VICTOIRE N'APPARTIENT PAS AUX PLUS PUISSANTS, MAIS À CEUX QUI SONT LE
MIEUX ORGANISÉS !

Pour les Organisations indiennes pour les droits humains dans l'Oaxaca
(OIDHO) :

Assemblée générale des comités des communautés, le conseil directeur, le
conseil politique, la commission des femmes, les commissions de travail.

Santa María Atzompa, Oaxaca, le 4 février 2007.

http://espora.org/amz/article.php3?id_article=149

Traduit par Angel Caido.

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