Une partie des gens de Groix ne me supporte pas...
Cet article est dédié à eux, pour qu'ils puissent dire toutes les critiques qu'ils ont à me dire...
Pour ce qui est des attaques personnel et des critiques sans fondement, je n'y répondrais plus ça commence à me souler...
Exprimez-vous ci dessous, défoulez-vous, tout est permi!
Rien ne sera censuré.
Pour le reste, les questions intelligentes etc., exprimez vous face à NOUS, et pas face à moi, merci.
keru
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Commentaires
Le 25/12/2007 à 19:07, par Db -
Bonne chance Keru!Quand on voit comment les gens réagissent (souvent brutalement) on peut réellement se demander si la démocratie direct peu marcher...Réussir à rassembler les militants de différents partis pour s’entendre relèverai d'un exploit (quoi que, Sarko la "fait", oui Carla, puis Kouchner...). Bref dit toi que sans doute tu ferras découvrir à quelques personnes une autre perspective, même si ils ne sont que 30 cette année…
Le 26/12/2007 à 08:24, par Alex -
Démocratie Directe, Danger?
Avec ma progéniture qui s'emballe pour le projet de démocratie directe à Groix, me voilà bien obligé d'y prêter quelque attention, ne serait ce que pour savoir si la jeunesse locale à découvert le système social d'avenir dont rêvent tous les insatisfaits de la vie.
Le programme est développé dans un imprimé qui proclame que "les élus, c'est vous".
Il s'adresse à ceux qui "désirent décider de la politique de l'île de Groix" .
Jusque là, tout va pour le mieux, "ceux qui désirent" vont donc pouvoir décider; Combien sont ils, et qui sont ils? On peut s'imaginer que devant la crainte de voir ses opinions écrasées par d'autres, il va falloir s'en occuper. Un aspect incitatif plutôt positif pour la démocratie directe, si l'on considère que l'investissement citoyen est un acte positif. Les questions de société seront débattues dans le respect des minorités, celles-ci ayant droit de parole dans les débats. La question du "combien" et "qui" pose néanmoins une interrogation; comment les "décideurs" minoritaires se protègeront ils des tentatives d'OPA lancées par les majoritaires?. Avec l'adoption du vote à l'unanimité comme mode de décision, une voix minoritaire aura le pouvoir de bloquer toute l'institution. Sans ce vote à l'unanimité, les minorités n'auront pas plus de pouvoir que dans la démocratie que nous connaissons actuellement.
Poursuivant ma lecture, je découvre deux citations. La première de St Just, bourreau et victime du régime de la terreur (pendant la révolution française pour ceux qui ne le sauraient pas), affirme que "l'art de gouverner n'a produit que des monstres" . Cherchant le rapport de la citation avec la "démocratie directe", j'en déduis que "ceux qui désirent décider" considèrent que l'art de gouverner est une menace pour leur système. Leur objectif serait il de "ne pas gouverner", auquel cas ils s'exposent à laisser la politique de Groix aux mains de ceux qui veulent gouverner? Il eût été d'autre part honnête de situer la citation de St Just dans l'horreur de son époque, afin qu'on comprenne que, inspirée par les événements du moment, elle n'a pas sa place dans notre époque.
La seconde citation affirme qu'il y a danger à laisser la politique et l'économie à des spécialistes, "politiciens et professeurs de collège". Datée de 1883, elle prouve qu'il y a longtemps qu'on se pose des questions sur les possibilités d'amélioration du système démocratique. La réalité nous prouve que ce système imparfait fonctionne, alors qu'aucune tentative de démocratie directe n'a existé aussi longtemps et sur une si vaste échelle. Les échecs des nombreuses tentatives de communautés plus ou moins démocratique et la dérive de plusieurs d'entre elles vers des systèmes sectaires devraient inciter les candidats à la Démocratie Directe à la plus grande prudence. La citation me laisse donc une vague impression d'inutilité, d'autant plus que sa conclusion, qui nous explique que "seuls les individus doivent agir", semble ignorer le fait que les "politiciens et professeurs de collège" sont aussi des individus.
Avançant dans le texte, nous voilà dans le vif du sujet; la Démocratie Directe va nous permettre d'améliorer la gestion de l'île. Nous allons tous ensemble nous prendre en main et améliorer la vie de tous les jours. Est ce obligatoire, y serons nous forcés par une règle communautaire imposée? Que vont faire les gens qui ne veulent pas améliorer ce qu'ils considèrent comme satisfaisant, que vont faire ceux qui ne veulent pas se prendre en main, et ceux qui sont systématiquement opposés à toute idée ne venant pas d'eux. Dans mon village, j'ai des voisins pendant les vacances, qui me sont particulièrement antipathiques, alors que nous avons des comportements semblables. Notre antipathie commune n'a pas de raison d'être mais elle perdure, aucun de nous n'ayant envie ou besoin de faire un effort pour que la situation soit différente. J'ai aussi d'autres voisins qui pratiquent des activités que je réprouve, mais qui sont de bons amis à l'occasion. Avons nous envie de discuter ensemble pour améliorer un système qui, somme toute, s'autorégule par les efforts tacites de chacun pour se rendre supportable aux autres?
Je lis ensuite que la Démocratie directe est expérimentée en France depuis 1971. Voilà une information qui mérite qu'on s'y attarde. A regarder de plus prés, voilà qui pourrait nous aider à penser sur le sujet.
Plus bas on m'explique que la Démocratie Directe, c'est "se parler", pour se comprendre et mettre à plat les avis contradictoires, et aussi s'écouter pour chercher un terrain d'entente, afin de ne plus subir "LA PAROLE DU POUVOIR, mais se donner le pouvoir de la parole".
Là, je dis HALTE! Les promoteurs de la Démocratie Directe à Groix utiliseraient donc un verbiage digne des plus roublard des politiciens? Une langue de bois teintée d'iode marine inspirée par les embruns du large du café de la plage? De qui se moque t'on?
Je continue ma lecture, passant sur le "gouvernement du peuple", qui a des relents de dictature du peuple, sur "la Liberté qui est la contrainte librement acceptée", niveau philo à l'école primaire, et sur la "participation "qui n'est pas la "décision". Je bute sur la problématique d'Hitler. L'auteur du texte ne glisse t'il pas ici vers la plus pure malhonnêteté intellectuelle?
Que Hitler ait été élu démocratiquement, c'est effectivement une preuve de la fragilité du système démocratique confronté à des individus décidés à prendre le pouvoir. Quelle garantie avons nous que la démocratie directe nous protège de ce genre de menaces? Au contraire, un système basé sur la discussion et la règle de l'unanimité forme un terrain idéal pour les hâbleurs, les grandes gueules, les causeurs. A moyen terme, le meilleur d'entre eux convainc les autres, et nous nous retrouvons avec un système démocratique fondé sur la dialectique. Faut il vraiment relire les philosophes Grecs pour se rappeler la puissance d'un discours bien construit?
L'élection démocratique d'un tyran n'est pas la preuve qu'il faut changer de système, mais elle alerte clairement les démocraties "représentatives" qu'une minorité peut tout à fait manipuler l'opinion pour obtenir un vote majoritaire. Le rempart contre ce genre de risque n'est pas dans un type de démocratie, mais dans la nécessité d'un effort quotidien de remise en cause des informations mises à notre disposition dans les médias.
Nous arrivons à la fin du texte, qui nous invite à établir une "charte de fonctionnement d'un conseil ouvert", l'organe de décision pivot de la Démocratie Participative à Groix. Je n'y participerai pas, parce que je crois que la proposition d'un tel système est dangereuse.
Dangereuse parce qu'elle fait croire à une minorité incapable de rassembler un panel de population représentatif qu'elle détient une sorte de vérité.
Dangereuse parce que réductrice. En utilisant des arguments populistes (référence à Hitler), des assertions décalées (référence révolution française et industrielle), des formules pompeuses ou simplettes ("se parler c'est si simple que ça en devient suspect"), la référence à LIP, formidable élan coopératif qui a fait des émules toutefois marginales, les promoteurs de la Démocratie Directe à Groix affichent surtout leur inculture et un certain mauvais goût pour l'info médiatique. La Démocratie Directe, et la démocratie tout court, méritent un débat autrement plus sophistiqué. Hélas, ce débat risquerait fort d'être phagocyté par les "spécialistes" décriés dans le texte.
Dangereuse parce que le fond du discours est basé sur une méfiance instinctive du pouvoir. Si l'on peut comprendre cette méfiance, il faut s'interroger sur ses causes. Le pouvoir serait il donc mauvais ou nuisible? Le "pouvoir au peuple" est-il meilleur ou pire que le "pouvoir de l'argent", que celui d'une quelconque religion, ou de tel ou tel tyran. Cela dépend du point de vue de l'observateur. Nous retrouverons ces "observateurs", autrement dit ces "individus" dans le fonctionnement de la Démocratie Directe. Ainsi, la quête du pouvoir ne sera pas éliminée par la Démocratie Directe.
Mieux vaut savoir définir ce qu'est le pouvoir et à qui le confier pour des raisons pragmatiques d'organisation sociétale, que d'en refuser le principe au risque de le voir accaparé par le plus avide d'entre nous (il existe, ce citoyen là, ils sont mêmes nombreux parmi nous)
Dangereuse parce que croire que l'opinion de son voisin pèse autant que la votre, c'est croire en une générosité naturelle de l'être humain dont chaque journée que nous vivons prouve qu'elle n'est pas une vérité acquise. L'opinion est un outil du pouvoir en place, le résultat du "politiquement correct " encadré par les médias. L'opinion, c'est le "bon sens", pour où contre les courants dominants, mais formatés par eux. Rien à voir avec une Liberté définie comme "une contrainte librement acceptée".
Allez, soyons sérieux, la Démocratie Directe à Groix n'a rien de dangereux, ce serait tomber dans ses excès de langage de le dire. Vu par un humain de base qui bosse avec ses mains pour gagner sa vie, et avec sa tête pour tenter de ne pas la perdre, la Démocratie Directe à Groix c'est surtout un truc de rêveurs qui préfèrent se référer à leurs intuitions plutôt qu'à leur raison. A ce stade, je ne les soupçonne même pas d'hypocrisie, mais je les imagine un peu naïfs quand même.
La démocratie demande du travail, est c'est le plus grand mérite de ce projet de Démocratie Directe que de pousser des individus à remettre en cause le système dans lequel nous vivons.
Puisse t'il amener ses participants à une vision élargie des causes de dysfonctionnement de la Démocratie. Cela ne se fera qu'a deux conditions; la première, c'est que des individus qui ne croient pas à la Démocratie Directe en tant que système politique global acceptent d'apporter leur contribution à ce débat. La seconde, c'est que les promoteurs de la Démocratie Directe à Groix acceptent la contradiction et adaptent leur projet à des dimensions viables et locales.
Si cela aboutissait à la naissance d'une composante politique locale, la démocratie y marquerait un point, le pouvoir local l'occasion d'affûter ses capacités de patience.
AR
Le 26/12/2007 à 13:46, par keru -
Salut Alex,
merci beaucoup pour cette analyse.
"l'auteur de ce texte", c'est 11 personnes différentes, et de milieux différents...
Il aurait été interessant que tu sois là lors de sa rédaction, puisqu'il n'aurait été publié sans ton accord...
Tu t'addresses à "nous", et non à moi, donc je mets ton analyse sur notre blog.
Une réponse collective arrivera quand elle sera construite...
Salut, et encore merci.
Le 11/02/2008 à 02:11, par marie -
salut keru.
comme je te l'ai dit la dernière fois que je t'ai vu, je fais une enquête de terrain sur le mouvement de "la décroissance". j'ai cru comprendre que ce sujet pouvait t'intéresser. je t'envoie donc le lien d'une conférence organisée à ma fac la semaine dernière. celle-ci est animée par Paul Ariès, rédacteur pour le journal de la décroissance et fondateur de "sarkophage". cette conférence est audio donc bonne écoute!
http:www.mankpadere.org
Le 12/02/2008 à 03:02, par keru -
Oui merci pour ce lien.
J'ai écouté la conférence et ça résume bien la direction que les peuples doivent prendre s'il ne veulent pas "s'auto-éradiquer"...
à bientôt
Le 12/02/2008 à 05:13, par Séverine -
Salut Marie,
Merci pour le lien de cette conférence intéressante au sujet de la décroissance.
A bientôt sur le cailloux
Kéru,
Simplicité volontaire, quels choix font les "objecteurs de croissance groisillons" pour consommer moins. Comment s'y prennent-ils au quotidien?
Une discussion, des témoignages pour partager nos idées et nos expériences me paraitraient enrichissant.
Combien d'entre nous ont fait le choix de ne posséder ni télévision, ni portable, ni voiture...?
Séverine
Le 12/02/2008 à 20:36, par keru -
Oui ça c'est une bonne idée de faire un débat sur la décroissance à Groix.
Jcrois qu'il n'y aura pas beaucoup de témoignages groisillons, mais ya moyen de trouver des intervenants extèrieur non?
Faudrait organiser ça aux collèges par exemple non?
Les "vieux" ne changeront pas de direction, c'est les jeunes qui pourront redresser la barre...
Le 12/02/2008 à 23:22, par Séverine -
Salut Kéru,
"Jcrois qu'il n'y aura pas beaucoup de témoignages groisillons"...
Je n'en suis pas si sûre. Je pense qu'il existe ici, des personnes qui ont fait le choix d'une vie plus simple.
Rien que le fait de résider sur l'île, me paraît être un choix de vie particulier.
En vivant à Groix, je trouve que l'on est moins tenté de consommer qu'en vivant sur le continent, que l'on peut également plus facilement prendre son vélo, aller à pied et se passer de voiture.
Je pense aussi que nombre de gens qui ont choisi de s'intaller sur l'île, ont par la même occasion, privilégié leur cadre de vie (environnement, famille...) plutôt que leur vie professionnelle.
Le "travailler moins et vivre mieux" s'applique sur Groix de manière naturelle du fait que beaucoup de gens travaillent à mi-temps ou à la saison...peut-être pas toujours par choix, j'en suis bien consciente, mais bon, le fait de vivre sur le cailloux oblige en quelque sorte à travailler moins, gagner moins et donc consommer moins et ça, à mon avis, c'est déja un acte de simplicité volontaire.
Tu parles d'un débat sur la décroissance?
Je ne vois pas trop ce qu'il y a débattre. Nous savons parfaitement que la croissance n'est pas exponentielle, que tout fini un jour par s'épuiser...en ce sens il est clair voir limpide que nous allons devoir d'une manière ou d'une autre vivre autrement!
Donc pour le débat...pour ou contre la décroissance,je ne vois pas trop l'utilité. Par contre, une réunion, informer les gens, partager des idées, je suis entièrement d'accord!
"Faudrait organiser ça aux collèges par exemple non?
Les "vieux" ne changeront pas de direction, c'est les jeunes qui pourront redresser la barre..."
D'accord Kéru, mais avant de mener des action pour comme tu dirais "conscientiser" les plus jeunes, agissons sur nos propre vie d'abord, toi, moi et ceux qui ne se retrouvent pas dans le système du "toujours plus"! Rassemblons nous, trouvons des solutions puis appliquons les réellement au quotidien!
ça veux donc dire, utiliser la voiture le moins possible, plus de téléphone portable et bien d'autres choses que l'on peut individuellement ou ensemble mener à bien.
Je me vois mal expliquer aux collègiens que le portable on peut s'en passer (oups mon portable vibre dans ma poche, pas grave, il est en mode vibreur ils ne peuvent pas l'entendre!)... Enfin tu vois ce que je veux dire non?
Séverine
Le 13/02/2008 à 03:19, par keru -
Je pense qu'un débat ne se résume pas à des positions pour, ou contre quelque chose, mais justement comme tu dis, à "informer les gens, partager des idées" etc...
Le débat est le type de réunion qui réparti le mieux la parole aux gens.
Je pensais au collège car j'aurais aimé, lorsque j'y étais, que des profs ou des intervenants nous parlent d'autres chemins possibles, comme vivre dans une Yurt en plantant ses légumes, simplement mais sans besoins.
Les jeunes n'ont qu'une seule vision de leur future vie lorsqu'ils sont au collège: Travail, voiture, télé, etc.
Si on leur parle de décroissance plus tard, trop tard car ils sont déjà tous dans le cercle vicieux de la consommation...
Le 15/02/2008 à 15:58, par Séverine -
Ok, rassemblons les gens que la décroissance intéresse, partageons, échangeons nos idées... mettons de la simplicité dans nos vie pis à partir de là, agissons, informons les groizillons!
Pour le collège, c'est certainement possible d'intervenir auprès des élèves sur des sujets comme la sur-consommation,la télé,les portables mais pour ce qui est du travail ou des modes de vie alternatifs, on va se heurter à certains professeurs, à la direction de l'établissementet ainsi qu'à de nombreux parents!
J'abrège ici mon mess...Je t'expliquerai tout cela plus tard, on en rediscutera de vive voix!